
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Récapitulatif du jour |
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Communications_23: Récits et parcours II
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| Présentations | ||
16:15 - 16:45
Les approches expérientielles et sensibles dans la formation des adultes; de la pratique à la recherche 1Association Reliefs, Suisse; 2Haute Ecole Travail Social Fribourg L’association Reliefs mène des processus participatifs avec des adultes issu·es de diversités (culturelle et langagière, de capacités, de genre, de niveau de formation, avec ou sans parcours de migration) et dont la participation à l’espace public en Suisse est rendue difficile. Ces expériences et processus sont partagés lors de formations, lors desquelles Reliefs cherche à les faire résonner avec les pratiques de professionnel·les des champs social, culturel, de l’éducation et de la santé, afin de développer des postures et des pratiques favorisant l’inclusion à différents niveaux. En mobilisant les approches sensible et de création collective, Reliefs vise à dépasser les barrières sociales et langagières pour créer un terrain d’expérimentation commun. Son programme régulier de formation expérientielle (Territoires partagés), mené dans un cadre informel, encourage la participation citoyenne et vise à renforcer les compétences psychosociales des personnes afin de consolider leur pouvoir d’agir dans leur vie quotidienne et dans la société. L’association développe également des projets à l’intersection entre la recherche et la formation (Voie·es·x de résistance). Dans un processus triangulaire (entre terrain, formation et recherche), Reliefs vise à rendre visibles les processus à l’œuvre et à questionner les méthodologies mobilisées dans une démarche réflexive. Ce processus itératif entre terrain et théorie produit des connaissances: celles-ci sont fondées sur des démarches créatives et participatives mobilisant la symbolisation et le récit pluriel (sonore, visuel, textuel) et participent à l’élaboration de pratiques et de postures professionnelles inclusives. La force de cette démarche réside dans l’articulation entre l’expérience menée avec les participant·es et les apports méthodologiques et théoriques élaborés au fil des formations et accompagnements conçus et animés. De par sa pratique, Reliefs réfléchit à la conception collaborative de dispositifs (de médiation culturelle, de recherche) ainsi qu’à la mobilisation d’approches de création – également dites sensibles – encore timides en contexte de formation formelle. De par son action aux intersections des disciplines et sa collaboration avec des acteur·ices de terrain, des formateur·ices et de chercheur·ses, Reliefs contribue à envisager de nouveaux rapports entre accompagnement, recherche et formation. Cette démarche peut inscrire dans la perspecxtive du RIF qui articule recherche-intervention-formation. Dans cette perspective, notre contribution s’articulera autour de deux questions centrales :
16:45 - 17:15
Devenir ingénieur à l’heure de l’Anthropocène : trajectoires étudiantes et construction identitaires Université de Lille, France Dans un contexte marqué par de profondes transformations écologiques, sociales et économiques, la formation des ingénieurs occupe une place stratégique dans l’adaptation des organisations productives et dans l’accompagnement des transitions. Alors que les écoles d’ingénieurs sont incitées à intégrer les questions socialement vives et plus spécifiquement l’éducation au développement durable dans leurs curricula, les recherches portant sur la manière dont les élèves ingénieurs se construisent professionnellement demeurent encore limitées. Cette communication propose un retour méthodologique sur une recherche doctorale en cours visant à analyser la construction identitaire des élèves ingénieurs au sein d’établissements contrastés en Hauts-de-France, en articulant méthodes qualitatives et quantitatives. Cette étude repose sur un dispositif multi-sites, incluant quatre écoles d’ingénieurs représentatives de la diversité du paysage français : une école textile historiquement ancrée dans son territoire, une école agricole orientée vers les transitions écologiques, une école post-bac professionnalisante et une grande école généraliste. Ces contrastes permettent de saisir la pluralité des socialisations, des normes professionnelles et des conceptions du métier d’ingénieur transmises dans les formations. La méthodologie combine un volet quantitatif (questionnaire portant sur les valeurs, représentations professionnelles, rapport aux enjeux socio-environnementaux et trajectoires) et un volet qualitatif comprenant une cinquantaine d’entretiens semi-directifs réalisés auprès d’étudiants, d’enseignants et de responsables de formation. En s’inscrivant dans le champ de la formation des adultes et des sciences de l’éducation, la démarche repose sur une conceptualisation dynamique de l’identité professionnelle et mobilise les apports de la sociologie de la formation pour analyser les effets des pédagogies, des expériences internationales, des stages et des socialisations curriculaires sur la construction des identités d’ingénieur. La communication discutera également des choix méthodologiques liés au croisement des données qualitatives et quantitatives, ainsi que des possibilités d’articulation entre analyse thématique inductive et modèles statistiques permettant d’identifier des profils d’élèves ingénieurs. Au-delà de la présentation du protocole d’enquête, la contribution s’intéressera au rôle de la recherche dans la formation : comment les résultats peuvent nourrir la réflexion des équipes pédagogiques ? Comment les institutions perçoivent-elles les enjeux soulevés par la recherche ? Quelles tensions émergent entre discours institutionnels sur les transitions et réalités vécues par les étudiants ? En s’appuyant sur une démarche empirique, cette communication entend ainsi contribuer au débat sur les liens entre recherche et formation dans le champ de la formation des ingénieurs et plus largement dans celui de la formation des adultes en contexte de transitions socio-écologiques. 17:15 - 17:45
Donner à voir, observer autrement et faire comprendre : quand la lecture d’affiches devient un outil d’émancipation 1Université de Lorraine, France; 2ATILF; 3CREM Dans de nombreux contextes quotidiens ou professionnels, certains adultes faiblement scolarisés rencontrent des difficultés de compréhension orale et écrite (Eme, Lacroix et Almecija, 2010 ; Eme, Nantes et Delliaux, 2011 ; Langbach , 2023). Si une partie de ces difficultés relève de troubles du langage ou de particularités cognitives d’autres tiennent davantage à un décalage sociolinguistique entre les pratiques interprétatives attendues et les ressources effectivement mobilisées. Dans cette communication, nous nous intéresserons à ce décalage. L’une des difficultés réside dans la compréhension et l’interprétation (Fayol, 2009) des messages institutionnels (documents administratifs, campagnes de communication…) (INSEE, 2024 ; Cedefop, 2025). Ces textes, apparemment simples, reposent sur des cadres d’interprétation implicites et situés (Lahire, 1993 ; Barré-De Miniac, 2007). Leur réception exige un travail de contextualisation : identifier la situation de communication, le rôle des acteurs, les intentions énonciatives et les références socioculturelles (Langbach et Divoux, 2025a). Néanmoins, ces opérations restent largement invisibles dans les dispositifs de formation, comme si la contextualisation allait de soi. Les formations manquent d’outils pour visibiliser ces décalages et en faire un levier d’apprentissage, omettant la contextualisation, compétence « masquée » (Langbach, 2023) et rarement enseignée. Celle-ci conditionne pourtant l’accès aux droits, à l’information et à la participation sociale. Ainsi, nous interrogeons la manière de la transformer en objet didactique : comment aider les apprenants à expliciter et développer leurs opérations interprétatives pour comprendre les discours qui structurent la vie sociale ? Pour aborder ces questions, nous avons choisi les affiches de prévention en santé, précisément parce qu’elles condensent les mécanismes de contextualisation à l’œuvre dans les discours institutionnels. Articulant concision, injonction et densité sémiotique, ces supports relèvent des genres brefs (Dhorne, 2017) et mobilisent des normes tacites de comportement ou de rapport au corps (Divoux et Langbach, 2025b). Leur simplicité apparente masque une forte densité de présupposés culturels et pragmatiques. L’analyse des affiches permet d’identifier les opérations cognitives mobilisées pour comprendre ces écrits tabulaires (Goody, 1979) : reconstruction de la situation d’énonciation, interprétation d’images polysémiques, inférence d’intentions énonciatives et articulation texte/iconographie/expérience personnelle. Ce choix se justifie également par l’importance sociale et politique des messages de santé qui engagent l’autonomie, la capacité d’agir et l’accès à l’information (Margat, 2019). Les inégalités de littératie en santé traduisent ainsi l’écart entre la complexité du système de soins et les ressources langagières des patients. Notre objectif est donc de proposer une didactique de la contextualisation capable de rendre enseignables ces opérations complexes et de valoriser les compétences implicites des apprenants pour réduire les obstacles d’interprétation. Comprendre une affiche de prévention représente ainsi un exercice d’autonomie interprétative. La didactique de la contextualisation vise à transformer la lecture en un outil de décryptage des informations qui structurent la santé, les droits et la participation sociale. En articulant sociolinguistique, analyse du discours et formation d’adultes, elle cherche à rendre accessibles les messages institutionnels en valorisant les savoirs des publics éloignés des usages attendus. Elle souhaite proposer des pistes pour repenser les dispositifs de formation et favoriser une véritable autonomie cognitive et sociale. | ||