
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Récapitulatif du jour |
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Communications_1: Récits et parcours I
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14:00 - 14:30
Apprendre en relation : récits de transformation et d’autonomisation de femmes en formation commerciale aux Émirats arabes unis The Higher Colleges of Technology - UAE & I_ACT UNIGE - CH Cette communication présente une recherche-action participative menée auprès d’étudiantes en formation commerciale dans un établissement d’enseignement supérieur aux Émirats arabes unis. Ancrée dans la tradition de l’éducation relationnelle (Gergen, 2009 ; Anderson, 2012) et dans une approche dialogique de l’apprentissage, l’exposé explore comment des pratiques pédagogiques collaboratives - ateliers, projets d’entreprise, échanges réflexifs et espaces de parole - peuvent favoriser l’autonomisation, la confiance en soi et le développement professionnel de jeunes femmes issues d’un contexte socio-culturel spécifique. La démarche méthodologique mobilise des récits de vie éducatifs (Dominicé ; Passeggi), des observations ethnographiques, des journaux réflexifs et des entretiens narratifs recueillis sur une période longue. L’analyse met en lumière la manière dont les interactions quotidiennes, les relations pédagogiques et les expériences vécues au-delà du cadre institutionnel contribuent à des apprentissages existentiels, expérientiels et transformationnels. Les résultats montrent que l’apprentissage relationnel crée des conditions d’engagement, de prise d’initiative et d’agentivité qui dépassent largement les compétences techniques attendues. Les participantes développent une capacité accrue à analyser leur parcours, à collaborer, à s’affirmer dans le monde professionnel et à co-construire du sens au sein de leur communauté d’apprentissage. La communication discutera enfin de la portée de ces résultats pour la formation des adultes: comment concevoir des environnements éducatifs qui valorisent les savoirs vécus, reconnaissent la pluralité des expériences et soutiennent les processus de transformation personnelle et sociale ? 14:30 - 15:00
Sujet, situation, système de ressources et substituabilité : esquisse d’une perspective transitionnelle 1Université Paris 8, France; 2Universté de Nantes Les transitions sociétales, qu’elles soient énergétiques, (agro)écologiques ou alimentaires constituent des objets complexes, qui traversent les niveaux micro-méso-macro des organisations humaines, mêlant dimensions sociales, économiques et environnementales, impliquant des approches interdisciplinaires. Du point de vue de l’ergonomie, avec une visée transformative, l’activité de travail et de consommation de chacun et chacune, et de collectifs et communautés, tels les foyers, organisations de travail, autres formes coopératives, habitants et habitantes d’un territoire, ou encore citoyen.nes, est considérée centralement. Plusieurs propositions originales ont été élaborées : les travaux du System-of-Systems Approach (Thatcher & Yeow, 2016), ceux démontrant l’importance du territoire sur/pour le travail (Boudra et al., 2019) ou d’un travail de territorialisation (Le Bail, et al., 2021), ou ceux de la perspective transitionnelle de Bationo-Tillon & al. (2010), reconsidérée à l’échelle des organisations (Bationo-Tillon, et al., 2020). En accord avec ces propositions, il paraît indispensable d’engager des démarches de conception de nouveaux dispositifs ou situations, de manière participative et collaborative, plaçant au cœur les acteurs, leur activité et leurs enjeux, leur santé et leur parcours. Notre projet propose une approche de substitution de ressources/capacités (Rabardel & Bourmaud, 2003, 2005 ; Bourmaud, 2006, 2007, sous presse). L’acception de la notion de substitution se distingue cependant du cadre connu en agronomie de Hill & MacRae (1995), dit « E-S-R ». Ce cadre installe une grille d’analyse en quatre niveaux potentiellement successifs pour soutenir les transitions d’une agriculture non durable vers des formes plus durables : 1- Conventionnel (non durable), 2- Efficience (i.e. réduction de la consommation de ressources et optimisation du fonctionnement du système), 3- Substitution (i.e. remplacements de certains composants du système pour une réduction de l’impact environnemental, mais dans le cadre d’un fonctionnement similaire) et 4- Reconception (i.e. transformations profondes visant à repenser l’ensemble du fonctionnement du système). Non experts de ce cadre, nous comprenons toutefois qu’il s’agit d’engager une analyse depuis les pratiques agricoles visant à catégoriser le système et son fonctionnement, et qui pose la substitution comme l’un des états, intermédiaire vers plus de durabilité. Dans l’approche que nous proposons, la substitution ne revêt pas un statut d’état mais constitue un outillage conceptuel et méthodologique visant à comprendre et accompagner, individuellement comme collectivement, les processus de transitions en eux-mêmes. Notre approche (Bourmaud, 2017 ; Bourmaud & Bationo-Tillon, 2021 ; Bourmaud & Munoz, 2023) étudie les différentes ressources constituées par les sujets, et leurs relations formant un ensemble cohérent et organisé, pour répondre à la diversité et à la variabilité des situations rencontrée, lui-même en évolution. Pour ce faire, une méthode a été développée : la Méthode des Défaillances et Substitutions de Ressources, la MDSR (op. cit.), dont nous exposons les fondements et les usages potentiels. Par notre propos, nous invitons à changer de regard sur l’aspect systémique en régime de transition, depuis la prise en compte des dimensions systémiques sociotechniques ou agroécologiques, vers la prise en compte en plus du système de ressources/capacités de l’acteur, dans le cadre d’une situation potentielle de développement (Mayen, 1999, Mayen et Gagneur, 2017). 15:00 - 15:30
Reconnaissance des compétences en contexte migratoire : le cas de l’Encceja dans la diaspora brésilienne en Suisse Unige, Suisse Cette communication analysait le rôle joué par l’Encceja (Examen National pour la Certification des Compétences de Jeunes et Adultes) dans les parcours éducatifs de personnes brésiliennes migrantes résidant en Suisse. Organisé par le gouvernement brésilien dans certains consulats à l’étranger, l’Encceja offrait une possibilité d’obtenir un diplôme national hors du pays d’origine, dans un contexte où les trajectoires éducatives avaient souvent été interrompues par la migration ou fragilisées par des obstacles d’accès à la formation. L’objectif de cette étude était de comprendre comment les personnes engagées dans cette démarche avaient vécu leur participation à l’examen et quels obstacles s’étaient présentés à elles, depuis l’inscription jusqu’à la perspective de reconnaissance du diplôme obtenu. La recherche s’était appuyée sur une approche qualitative compréhensive, fondée sur des entretiens semi-directifs menés avec des candidat-es de l’édition 2025 du dispositif à Genève. Les résultats mettaient en lumière une tension centrale : si l’Encceja constituait une opportunité de reprendre un parcours éducatif et de nourrir des aspirations professionnelles, il demeurait marqué par un faible accompagnement institutionnel, une circulation d’informations insuffisante et des inégalités liées aux statuts migratoires ainsi qu’aux conditions de vie en Suisse. Les participant-es ont exprimé également des difficultés d’ordre psychologique ou identitaire : anxiété liée au retour à l’étude, sentiment d’illégitimité, crainte de l’échec ou encore manque de soutien social. Cependant, malgré ces obstacles, l’examen assumait une fonction symbolique forte. Il permettait aux candidat-es de se reconnecter à une histoire scolaire laissée en suspens, de renforcer le sentiment de dignité et de capacité, et d’ouvrir des possibilités futures — notamment l’accès à une formation professionnelle ou la revalorisation du statut sur le marché du travail. L’Encceja devenait ainsi un espace d’exercice de la reconnaissance éducative, dans un contexte où celle-ci restait souvent précaire pour les personnes migrantes. Cette communication contribuait aux débats sur la validation des acquis et la formation des adultes en contexte migratoire. Elle soulignait la nécessité de dispositifs d’accompagnement et de politiques publiques soutenant une inclusion éducative effective des populations diasporiques, en reconnaissant leurs compétences, leurs aspirations et leurs droits à l’éducation et à la formation. | ||