
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Récapitulatif du jour |
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Communications_26: Formation et écologie
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| Présentations | ||
16:15 - 16:45
Former les enseignants du supérieur aux enjeux socio-écologiques : quelles transformations des pratiques pédagogiques ? Université Paris Cité, France En tant qu’institution productrice, conservatrice et médiatrice des savoirs (Lessard et Bourdoncle, 2002), l’Université occupe une position singulière face aux crises sociales et écologiques contemporaines. Traversé par des transformations récentes qui interrogent son rapport à la société civile (Musselin, 2017), l’enseignement supérieur s’est progressivement saisi de l’enjeu de la formation des publics étudiants et adultes en formation continue aux défis socio-écologiques. Les établissements universitaires et leurs dispositifs de formation se positionnent ainsi comme des leviers pour favoriser la compréhension des enjeux de la durabilité, le développement de compétences dites durables et l’engagement des publics apprenants. Toutefois, le corps enseignant de l’enseignement supérieur dispose encore d’une formation pédagogique limitée en éducation au développement durable (EDD). Dès lors, se pose la question des modalités de formation pédagogique des enseignants et enseignantes du supérieur à ces enjeux. Etayée par une revue de la littérature systématique de type PRISMA (Page et al, 2021), cette communication repose sur une enquête qualitative combinant des entretiens semi-directifs et des observations menées auprès d’enseignants de l’enseignement supérieur engagés dans un dispositif de formation à l’éducation au développement durable à l’université. Les données recueillies ont fait l’objet d’une analyse thématique à l’aide d’une grille et d’une analyse combinant les données issues des entretiens et des observations. Les résultats favorisent la compréhension de l’influence de ces formations sur les pratiques enseignantes en lien avec ces enjeux contemporains. Ils permettent également d’éclairer les transformations du métier d’enseignant-chercheur, notamment en ce qui concerne la perception des finalités de la recherche et l’articulation entre activités de recherche et de formation afin de dépasser la tension entre une approche académique et une approche professionnalisante (Kennel, 2025). L’étude vise ainsi à analyser les modalités selon lesquelles la recherche irrigue l’enseignement, tant dans les savoirs à enseigner que dans les savoirs pour enseigner (Berthiaume, 2009). Par ailleurs, l’enquête participe à comprendre les modalités d’interaction, dans le cadre du champ universitaire et du développement professionnel des enseignants universitaires (Frenay, 2011), des effets réciproques entre enseignement et recherche en matière d’éducation au développement durable. 16:45 - 17:15
Explorer les représentations sociales des conseillers en évolution professionnelle face aux enjeux écologiques Université Toulouse Jean Jaurès, France Les enjeux de transition écologique impliquent des mutations profondes en termes de métiers, de compétences ou encore de conditions de travail. Les professionnels de l’accompagnement des choix de carrière, dont les pratiques sont liées aux évolutions de l’environnement socioéconomique sont, de fait, concernés par ces transformations en cours. Les paradigmes de l’accompagnement connaissent déjà des tensions entre des logiques éducatives, capacitantes ou apprenantes et des logiques gestionnaires liées à des objectifs d’employabilité qui font débat. Nous voyons émerger aujourd’hui un courant portant l’ambition de définir l’accompagnement « en termes d’écologie plutôt qu’uniquement en termes d’économie » : la green guidance (Plant, 2015). Il s’agirait de faire des conseillers des acteurs de la transition écologique en intégrant des préoccupations concernant le soutenabilité des environnements naturels et sociaux. Selon Jean Guichard (2021), les professionnels n’hésiteraient pas à s’engager dans ce type d’approche. C'est précisément ce que nous souhaitons interroger. Il nous semble essentiel d’explorer la manière dont les praticiens se représentent leur rôle dans cet environnement et face aux représentations actuelles de l’orientation. Pour cela la théorie des représentations sociales propose une approche pertinente.Quel rapport entretiennent les professionnels avec ces enjeux ? Est-ce que des objectifs de soutenabilité pénètrent leurs pratiques ? Considèrent-ils avoir un rôle à jouer en ce sens auprès des individus qu’ils rencontrent ? S'agit-il d'une injonction supplémentaire sur leurs pratiques ? Nos recherches témoignent d'une certaine ambivalence dans le rapport des professionnels avec ces questions qui peut être source de conflits éthiques pour eux. Comme l’affirme Moliner et Guimelli (2015) : "L’étude des liens entre représentations et comportements constitue un enjeu important de la recherche en sciences sociales. En effet, dans nombre de contextes (sociaux, politiques, économiques, sanitaires, etc.), se pose la question fondamentale du changement des comportements. Or, comment espérer changer ces comportements si l’on n’en connaît pas les logiques, et donc les représentations sociales qui les sous-tendent ?" Explorer les représentations sociales des professionnels, c'est donner à voir ce que ces derniers pensent de la pertinence et de l’efficacité de leurs actions (Jorro, 2010). Cela pourrait éclairer à la fois les dynamiques de transformations potentielles des pratiques professionnelles tout autant que les processus de développement professionnel que cela pourrait supposer. 17:15 - 17:45
Un regard réflexif sur les interventions en formation continue pour des enseignant-es concerné-es par l'urgence écologique Université de Genève, Suisse Dans une période traversée par de multiples crises – sociétales et environnementales -, l’école est, selon certain·es chercheur·es (Wilde et al., 2025), « en panne », ne contribuant pas suffisamment à faire face à des enjeux majeurs comme le dérèglement climatique (Kwauk, 2020). Ces multiples crises mettent, par ailleurs, en cause une part des finalités de l’école, notamment celle de préparer les jeunes à s’insérer dans une économie impliquant trop souvent la destruction d’autres vivants (Curnier, 2021). Ces contraintes institutionnelles auxquelles les enseignant·es doivent se conformer, même s’iels n’y adhèrent pas complétement (Leplat, 1997), leur font parfois éprouver des difficultés. À cela s’ajoute le sentiment de solitude souvent relevé par des enseignant·es convaincu·es que pour former et accompagner les élèves aujourd’hui, leur rôle ne peut plus être pensé sans tenir compte des enjeux socio-écologiques actuels (Balslev & Naef, 2024). Dans cette optique, des enseignant·es changent ou modifient leurs pratiques afin d’accompagner au mieux leurs élèves et faire vivre une éducation transformatrice. Pour accompagner ces enseignant·es et contribuer à leur développement professionnel (Uwamariya & Mukamurera, 2005), une formation continue a été mise en place offrant un espace où iels peuvent enquêter à partir des situations rencontrées (Thievenaz, 2019), analyser collectivement et, éventuellement, mettre en question leurs pratiques. Ces finalités s’accomplissent en amont, dans la conception des séances de formation, ainsi que dans les interventions in situ des formateurs et formatrices. Si le but de ces formations est de former les enseignant·es à la pratique réfléchie, il y aurait, selon Perrenoud (1994), tout intérêt à ce que les formateurs/trices le fassent également. C’est dans cette perspective que nous – chercheuses-formatrices impliquées dans ces formations – proposons d’analyser nos propres prises de parole lors de formations courtes destinées à des enseignant·es, de tous degrés et disciplines, désireux/-ses d’intégrer l’urgence écologique dans leurs enseignements. Ainsi notre contribution s’inscrit dans l’axe 3 du colloque en mettant l’accent sur une méthode d’analyse de données inscrite dans une visée transformative. À partir de l’analyse et la confrontation d’extraits de transcriptions issues de quatre formations (étalées sur 2 à 4 séances de 90 à 180 minutes), nous cherchons, dans un premier temps, à décrire nos interventions, à questionner leurs possibles effets, à interroger les moments qui présentent une difficulté, et imaginer d’autres manières de faire. Dans un second temps, nos analyses seront présentées à une tierce personne en vue de prendre de la distance et de saisir la cohérence entre les intentions du dispositif et nos interventions. Les résultats mettront en lumière un regard réflexif sur l'intervention formative, notamment leurs tensions et angles morts dans des dispositifs basés essentiellement sur l’enquête et l’accompagnement, ainsi que la projection d’autres interventions possibles. | ||