
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Daily Overview |
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Communications_17: Professionnalisation en santé
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14:00 - 14:30
Étudiants infirmiers co-chercheurs : apprendre en vivant la recherche et en contribuant à produire des connaissances utiles institutionnellement. IFSI CH de Cholet, France Problématique et contexte La tradition de recherche en formation des adultes repose sur des collaborations entre recherche, formation et terrain (Las Vergnas, 2024 ; Marcel, 2016 ; Toullec-Théry, 2016). L’axe 2 de cet appel met en lumière la nécessité de documenter des formes de coopération moins asymétriques et la participation des acteurs de la formation, notamment les apprenants. Cette communication présente une recherche-action menée dans un centre hospitalier français, en partenariat avec son institut de formation en soins infirmiers (IFSI), visant à identifier les facteurs d’attractivité des futurs professionnels de santé face à la pénurie de soignants. Pour nous, cet enjeu institutionnel et social a été l'opportunité de mettre en place une forme innovante de collaboration : l’implication de cinq étudiants infirmiers de deuxième année comme co-chercheurs. Méthodologie et collaboration La problématique a été co-définie à partir d'une commande institutionnelle visant à adapter la politique de recrutement. Pour y répondre, la méthodologie de recherche a mobilisé les principes de la théorie ancrée (Charmaz, 2006) et de la recherche participative (Anadón, 2007). L’originalité du dispositif que nous avons mis en œuvre, réside dans la collaboration avec la participation des étudiants à la co-construction du questionnaire (ajustement sémantique et thématique). De plus, ces étudiants ont co-interprété avec nous les données issues de l'enquête, portant sur 55 apprenants infirmiers et aides-soignants. Cette co-interprétation a permis d'enrichir l'analyse générationnelle et d'identifier des facteurs d'attractivité transgénérationnels et spécifiques. Enfin, nous les avons accompagnés à présenter les résultats de l'enquête aux cadres de santé du centre hospitalier commanditaire, les impliquant dans la restitution et la discussion des préconisations. Connaissances produites et discussion Les connaissances issues de la recherche sur les facteurs d’attractivité ont permis de dégager des pistes de réflexion en termes de politique de recrutement pour l'établissement. Cependant, la richesse et la pertinence de la communication résident principalement dans la documentation de l’effet de ce partenariat sur les acteurs en formation. À l'issue de ce processus, nous avons recueillis le retour d’expérience de ces étudiants de façon qualitative. L'analyse de ces retours documente un bénéfice apprenant et praxéologique. Ainsi, pour eux, cette expérience de recherche leur a permis d'acquérir des compétences en recherche, en découvrant de façon concrète la méthodologie de recherche qualitative et la charge de travail en lien. Pour eux, elle a aussi développé des compétences professionnelles pour faciliter leur intégration dans une équipe ou pour encadrer des étudiants, au regard de la méthodologie mobilisée dans cette recherche et des résultats produits, soulignant la dimension réflexive et leur anticipation de leur rôle de leader. Enfin, chez eux, cette collaboration a nourri un sentiment d’être écoutés et utiles à un projet institutionnel. Cette communication vise donc à apporter un soutien empirique aux questions de l'axe 2 en analysant les conditions de faisabilité et les effets produits par l’intégration des apprenants dans le processus de production de connaissances scientifiques, confirmant le caractère fertilisant de l’approche collaborative en formation. 14:30 - 15:00
Habitudes et styles de travail d’étudiants infirmiers post-bac et en reprises d’études : l’influence exercée par leur perception du contexte hybride de leur formation UNIVERSITE DE LILLE, France La recherche à l’origine de cet article aborde l’autonomie d’étudiants infirmiers inscrits dans une formation hybride sous l’angle des stratégies d’autorégulation qu’ils mettent en œuvre afin de contrôler leurs apprentissages, que ce soit lors des périodes de formation en présentiel ou en distanciel. Cette recherche étudie en particulier les stratégies volitionnelles employées par ces étudiants post-bac et en reprises d’étude lors de leurs activités d’apprentissage menées en contexte hybride. S’appuyant sur une démarche mixte à dominante qualitative dont le paradigme est interprétatif, l’étude empirique comporte deux phases complémentaires, la première quantitative et la seconde, qualitative. Dans la phase quantitative de l’étude, il s’agit de décrire les stratégies volitionnelles utilisées par les étudiants post-bac et en reprise d’études durant leur apprentissage en contexte hybride. Quant à la phase qualitative, son objectif est de comprendre comment les stratégies volitionnelles utilisées par les deux profils d’apprenants s’articulent entre elles, notamment au regard de la perception qu’ont ces étudiants du contexte de formation dans lequel ils étudient. Les résultats de l’étude tendent à montrer une utilisation différenciées des stratégies volitionnelles par les deux profils d’étudiants, renvoyant à leurs habitudes et leurs styles de travail au sens amené par Corno (2004, 2008). Les habitudes et les styles de travail des étudiants post-bac font référence à trois groupes de stratégies volitionnelles : 1) l’aménagement d’un contexte favorisant leur apprentissage, 2) la création d’émotions négatives et 3) une pression temporelle privilégiée. Quant aux adultes en formation, leurs habitudes et leurs styles de travail renvoient à quatre groupes de stratégies volitionnelles : 1) la création d’émotions positives, 2) l’adoption d’une méthode de travail orientée vers la maîtrise, 3) la mise en œuvre d’un discours interne automotivant et 4) l’adaptation de leur apprentissage aux éléments de leur contexte personnel. En outre, les résultats de cette recherche questionnent également l’influence exercée par la perception qu’ont ces étudiants de leur contexte de formation sur leurs habitudes et leurs styles de travail. Concernant les étudiants sollicités durant cette étude, leur perception du contexte dans lequel ils étudient participent à l’établissement de leur EPA (Environnement Personnel d’Apprentissage). Selon Henri (2004, citée par Pécret, 2021), l’EPA renvoie à un aménagement par les apprenants de leur propre environnement d’apprentissage, en conjuguant notamment des ressources personnelles et institutionnelles. Dès lors, les habitudes et les styles de travail des adultes en formation et des étudiants post-bac ayant participé à cette recherche peuvent être considérées comme une manifestation de leur agentivité individuelle, au travers de la construction de leur EPA. C’est pourquoi et au regard de l’ensemble des éléments exposés, cette proposition de contribution s’inscrit dans l’axe n°1 intitulé « enjeux et questions vives en formation des adultes ». En effet, celle-ci invite notamment à mener une réflexion sur les enjeux de l’autorégulation des apprentissages des adultes inscrits dans un contexte hybride de formation. 15:00 - 15:30
Le jeu vidéo Les Sims : un espace de professionnalisation pour les futur.e.s infirmier.e.s Laboratoire CIRNEF, France Il est parfois complexe pour les étudiant·e·s en soins infirmiers (ESI) de dispenser des soins d’hygiène corporelle (SHC) pour, sur et avec autrui. Différentes dimensions rendent ce soin complexe, et tout particulièrement, l’imprévisibilité de la rencontre interpersonnelle mais aussi l’inéluctable corporalité (Crossan et Mathew, 2013; Lawler, 1991; Mercadier, 2002/2008; Mao, Van, Cheong et Tam, 2024) de la personne prise en soin et des étudiant.e.s. Cette recherche vise à questionner le potentiel formatif du jeu vidéo grand public : Les Sims dans le processus de professionnalisation des futur·e·s infirmier·e·s. Le rapport qu’ils établissent, pour certain·e·s, entre ce jeu de simulation du prendre soin dans un univers virtuel et le prendre soin qu’ils élaborent lors de leur pratique soignante pourrait les aider à apprivoiser plus sereinement la complexité de soi et d’autrui lors de la réalisation des SHC. En congruence avec les théories winnicottiennes (1971), le protocole de recherche s’inscrit dans une démarche clinique d’orientation psychanalytique. Il a été proposé à dix ESI de s’adonner à ce jeu (Les Sims 3 ou Les Sims 4 additionné de l’extension Les Sims au travail, laquelle propose d’évoluer au sein d’un hôpital), puis de participer à deux entretiens non-directifs. Le premier entretien était consacré à la pratique vidéoludique. Lors du deuxième entretien, il était demandé aux ESI de s’exprimer le plus librement possible sur la thématique des SHC. Il apparaît que le rapport à l’avatar des joueu·r·se·s, mais aussi l’humour et l’immense liberté d’action des Sims confèrent à ce jeu un potentiel de transitionnalité particulièrement intéressant. Le joueu·r·se s’incarne dans et à travers l’avatar, ce qui est une caractéristique du médium vidéoludique. En répondant aux différents besoins de cet être de pixels (s’alimenter, se distraire, se laver, etc.), le joueu·r·se fait l’expérience des fondements du care. Mais le degré d’identification à l’avatar fluctue selon les séquences de jeu. C’est pourquoi, l’ESI peut être amené à expérimenter une e-empathie, dirigée vers une partie de lui-même mais aussi envers un autrui numérique. Un dernier point également étayé par la mise en scène des patient·e·s-Sims et/ou des autres avatars potentiellement créés [conjoint·e(s), enfant(s)]. De même, grâce à la prise en soin des différents membres d’une famille avatarielle, le futur·e infirmier·e peut être amené à expérimenter sa biparentalité et/ou sa bigénérationnalité psychiques internes, deux conditions du prendre soin d’autrui. Enfin, l’entretien post-séquence de jeu étaye l’appropriation des expériences subjectives induites par la pratique des Sims et soutient un travail de liaison et de déliaison en direction de la sphère professionnelle. Ainsi, Les Sims permettraient à certain·e·s joueu·r·se·s de s’inscrire dans une aire intermédiaire d’expérience, étayant un processus de réunion, à même de faire découvrir aux ESI leur soi, dans un moment subjectalisant. De ce fait, l’expérimentation, même partielle et numérique, des différentes phases d’un care vidéoludique peut favoriser la mise en œuvre de la créativité (au sens winnicottien) des étudiant·e·s. C’est en cela que l’intégration des Sims, dans leur curriculum de formation, peut étayer la professionnalité des futur·e·s infirmier·e·s et concourir à la qualité des SHC dispensés. 15:30 - 16:00
Désobéissance et professionnalisation dans le contexte des études post-diplômes en soins intensifs : perceptions, pratiques et impact sur l’apprentissage et le développement des compétences Centre Hospitalier universitaire vaudois, Suisse La formation en soins intensifs, destinée à un public d’infirmiers·ères, s’inscrit dans un environnement fortement normé où la maîtrise des protocoles, la sécurité et la rigueur clinique constituent des impératifs centraux. Dans ce contexte, interroger la désobéissance peut paraître paradoxal : comment développer discernement, autonomie et jugement clinique chez les infirmiers·ères en spécialisation alors que la conformité aux prescriptions médicales et procédurales est constamment valorisée ? A travers cette recherche, nous souhaitons étudier les liens entre normes professionnelles, pouvoir d’agir et processus de professionnalisation auprès des professionnel.le.s en formation. Le cadre théorique mobilise trois dimensions : L’objectif est d’examiner dans quelle mesure la désobéissance, entendue comme ajustement, régulation ou transgression, participe (ou non) au développement des compétences et de l’autonomie du personnel infirmier en formation. La recherche repose sur une étude de cas qualitative. Les entretiens semi-dirigés sont en cours de réalisation. À ce stade, quelques résultats préliminaires semblent se dégager et orientent la réflexion. Un premier élément notable concerne la manière dont la désobéissance est évoquée. Les premières données montrent que les personnes en formation n’ont pas véritablement conscience de “désobéir” lorsqu’elles relatent des situations qu’elles qualifient pourtant ainsi. Les écarts décrits relèvent davantage du non-respect ponctuel de prescriptions médicales ou de techniques insuffisamment maîtrisées, souvent motivé par des contraintes pratiques ou l’incertitude face à une situation clinique. Un second résultat préliminaire concerne les mécanismes de protection mis en œuvre. Les personnes en formation indiquent qu’elles sollicitent systématiquement la validation de collègues plus expérimentés lorsqu’elles envisagent d’agir autrement que ce qui est prescrit. Cette recherche d’aval transforme l’acte en ajustement prudent plutôt qu’en désobéissance assumée, et témoigne d’une gestion du risque plus que d’une volonté de contestation. Enfin, les premières tendances montrent que ni les formateurs·rices ni les cadres de soins n’encouragent la désobéissance, même dans des formes réflexives. Cette absence de reconnaissance institutionnelle semble contribuer à une culture où les écarts demeurent peu discutés, rarement valorisés et perçus comme potentiellement risqués pour le personnel infirmier. Ces résultats préliminaires invitent à revisiter nos questionnements initiaux : la désobéissance, loin de constituer un levier d’apprentissage ou une pratique d’émancipation professionnelle, apparaît d’abord comme une stratégie défensive, marquée par la prudence, l’autocensure et la gestion du risque. Cela ouvre des pistes de réflexion pédagogique : quels espaces de parole et d’analyse seraient nécessaires pour transformer ces écarts en véritables ressources formatrices ? Comment soutenir une autonomie professionnelle qui ne s’oppose pas à la sécurité des soins, mais en renforce la qualité ? La communication présentera le cadre conceptuel, la méthodologie, ainsi que les résultats et les implications pour la formation. | ||