
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
|
Daily Overview |
| Session | ||
Communications_7: Plurilinguisme et formation I
| ||
| Présentations | ||
13:30 - 14:00
Développement d’un programme HortiFrancisation pour soutenir l’intégration linguistique et socioéconomique des adultes immigrants allophones de Sherbrooke (Québec, Canada) 1professeure titulaire, Université de Sherbrooke, Canada; 2coordonnatrice, Lengrais - centre agriculturel de Sherbrooke, Qc, Canada Lors de notre communication, nous présenterons les résultats préliminaires d’une recherche partenariale subventionnée (note1) dans le but de soutenir la mission de LENGRAIS — Centre agriculturel de Sherbrooke, par la création d’un programme éducatif HortiFrancisation. LENGRAIS est une association dont la mission se réalise au moyen de projets horticoles ou agroalimentaires qui contribuent à l’intégration linguistique et socioéconomique des adultes immigrants allophones (ou avec de faibles habilités en français) installés dans la Province francophone de Québec (Canada). En effet, pour les nouveaux arrivants allophones (ou avec de faibles habiletés en français), l’enjeu est de développer rapidement des compétences linguistiques en français, à l’oral comme à l’écrit pour réaliser pleinement leur projet migratoire. Or, ces mêmes adultes ont de grandes difficultés à intégrer le marché de l’emploi (Levert et Fakhoury, 2021) la population immigrante étant très désavantagée (Nadeau, 2019). Le secteur agricole peut ainsi être une voie d’accès à une première expérience de travail locale, car il présente un déficit chronique de main-d’œuvre ; 6,1 % des emplois agricoles étaient vacants en 2018 au Canada et ce sont 27 % des postes qui seront à pourvoir d’ici 2029 dans ce secteur d’emploi (CCRHA, 2021). La recherche partenariale prend appui sur la méthodologie de la recherche-développement (Bergeron, Rousseau et Savoie-Zajc, 2021) pour bâtir un Programme HortiFrancisation innovant reposant sur le développement concomitant de compétences en français, en employabilité et en horticulture. Deux objectifs ont été définis : 1/Identifier les compétences linguistiques et les compétences professionnelles horticoles essentielles aux adultes immigrants allophones (ou ayant une maitrise insuffisante du français). 2/Concevoir puis valider le plan de formation du Programme HortiFrancisation qui misera sur des ateliers de francisation, mais aussi et surtout sur l’apprentissage de la langue française dans et par le travail horticole dans les milieux de formation de LENGRAIS. Le cadre de référence de cette recherche est constitué de trois principaux champs théoriques et pratiques A/la francisation ou l’apprentissage du français par des adultes allophones prend appui de façon particulière sur les approches communicative (Saydi, 2025) et actionnelle (Richer, 2009 ; Vicher, 2011). Puis, l’apprentissage du français est contextualisé à l’apprentissage des compétences nécessaires à l’exercice du métier d’ouvrier/ouvrière horticole (CRIFA, 2024) ; C/ Le champ de l’apprentissage dans et par le travail ou Workplace Learning (Billett, 2009 ; Eraut, 2007 ; Filliettaz et Zaouani-Denoux, 2021) complète le cadre de référence. Pour réaliser l’objectif 1, deux stratégies de collecte de données ont permis de recueillir des données qualitatives: 1/les analyses documentaires (Boisvert, 2004) de divers programmes éducatifs et référentiels de compétences ; 2/ les entrevues individuelles (Savoie-Zajc, 2021) réalisées avec des entreprises horticoles, des institutions et associations clés œuvrant sur le territoire de Sherbrooke. L’analyse de contenus de ces deux types de données (Dionne, 2018) qui est en cours, permettra de présenter les besoins et les cibles de formation qui sont reliés à trois thématiques : l’employabilité et l’intégration des nouveaux arrivants, la francisation des adultes allophones et l’apprentissage du travail horticole. Ces résultats seront discutés au regard des priorités énoncées par LENGRAIS bénéficiaire des résultats de cette étude. 14:00 - 14:30
L’entretien biographique comme méthode d’exploration des parcours d’apprentissage plurilingues Université Hassan 1er, Maroc L’entretien biographique constitue aujourd’hui une méthodologie incontournable dans les sciences de l’éducation et la didactique des langues pour appréhender la complexité des parcours plurilingues. Reposant sur le récit de vie langagier, il permet d’analyser la manière dont les individus construisent leur rapport aux langues à travers leurs expériences familiales, scolaires, migratoires, professionnelles ou culturelles. Contrairement aux approches strictement évaluatives, centrées sur les performances mesurables, l’entretien biographique met en lumière la dimension subjective et affective de l’apprentissage, révélant les obstacles rencontrés, les stratégies déployées ainsi que les représentations sociales attachées aux langues. Dans le cadre de cette communication, nous présenterons une mise en œuvre concrète de cette méthodologie à travers des expérimentations menées auprès de publics plurilingues. À partir d’exemples d’entretiens réalisés et analysés, il s’agira de montrer comment cette démarche qualitative permet de dégager des données contextualisées, utiles à la fois pour la recherche et pour la formation. Cette perspective pratique vise à mettre en évidence le potentiel de l’entretien biographique comme outil de sensibilisation des enseignants à la diversité des trajectoires d’apprenants, et comme levier pour concevoir des dispositifs pédagogiques plus inclusifs. La communication s’articulera ainsi autour de deux volets : un rappel des fondements théoriques de la méthode et une démonstration pratique, appuyée par des extraits de données recueillies et analysées collectivement. Elle cherchera à répondre à la problématique suivante : comment l’entretien biographique, en tant qu’outil empirique, peut-il contribuer à repenser les pratiques didactiques en contexte plurilingue ? 14:30 - 15:00
Questionner l’offre de formation au bilinguisme pour adultes au Cameroun : du Projet d’enseignement de l’anglais aux fonctionnaires et agents des secteurs publics et parapublics au Programme de formation linguistique bilingue (1985-2025) Université de Yaoundé 1, Cameroun Cette proposition pose le problème de la formation du personnel de l’Etat camerounais comme l’une des solutions politiques au problème anglophone qui s’est transformée, depuis 2016 en guerre civile. Ce problème tire ses origines de l’invisibilisation et de la marginalisation des Camerounais originaires des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui ont été administrées par le Royaume-Uni entre 1916 et 1961, héritant ainsi lors de leur indépendance et de la réunification avec la République du Cameroun, de la langue anglaise. Il s’agit d’analyser comment la formation des adultes est devenue un enjeu politique. Explorer la dynamique historique de cette offre de formation pour une partie de la population adulte camerounaise permet d’évaluer une action publique. Cette réflexion analyse, dans une démarche historique, les curricula proposés depuis la création du premier Centre pilote en 1985. Elle s’inscrit dans la continuité des travaux sur le bilinguisme au Cameroun de Georges Echu, Sa’ah François Guimatsia, David Ngamasu, Piet Konings, Francis Nyamjoh et propose de faire une évaluation systémique. En analysant les outils didactiques utilisés, les moyens logistiques et financiers, les profils des formateurs ainsi que la méthode de formation, cette réflexion parvient à des résultats mitigés qui montrent les limites de cette formation qui semble être plus un instrument politique qu’un projet obéissant à une volonté réelle de (trans) formation linguistique des employés de l’Etat du Cameroun. Le cadre théorique de ce travail est basé sur le constructivisme adossé à la Task Analysis. En appliquant à ce projet la méthode SMART, les résultats issues d’une collecte de données faite sur la base des entretiens, des questionnaires, de la consultation des archives et de l’observation participante permettront de proposer des pistes d’amélioration de ce programme de la politique linguistique camerounaise. 15:00 - 15:30
La collaboration université-école au cœur de la formation : les rapports entre capacités d’ordre praxéologique et connaissances d’ordre épistémique des futurs enseignants de langue étrangère 1Université de São Paulo, Brésil; 2Université de São Paulo, Brésil Le métier d’enseigner une langue étrangère (LE) s'apprend souvent à l’université, où il est courant de former d’abord les étudiants aux théories de la Didactique des Langues et, ensuite, de les mettre en contact avec des milieux de pratique professionnelle. Or, ce modèle est fréquemment mis en question, car les étudiants universitaires sont peu préparés aux problématiques qui émergent du terrain lorsqu’ils commencent à enseigner. En partant d’un contexte innovateur, issu d’un nouveau programme de formation d’une université brésilienne, notre étude se focalise sur l’action des étudiants (futurs enseignants) sur le terrain, depuis la préparation d’un atelier de LE jusqu’à la réflexion sur sa mise en pratique. Le programme a établi que les étudiants universitaires devraient avoir un nombre d’heures d’activités auprès de la communauté externe afin d’obtenir leur diplôme. L’idée est que la formation doit être plus connectée aux enjeux de la société auprès de laquelle ils interviendront. Nous avons ainsi organisé un dispositif de formation axé sur deux volets : i) formation à un aspect à enseigner sur la langue-culture étrangère et préparation d’une séquence d’enseignement, réalisée à l’université ; ii) mise en pratique de la séquence d’enseignement lors d’un atelier auprès des élèves de la communauté externe, à l’aide des enseignants des écoles. Le dispositif a été conçu à partir d’une collaboration entre les professeurs universitaires, les étudiants universitaires, les enseignants des écoles dans lesquels l’atelier a été mis en place et les élèves de ces écoles. Pour le concevoir, nous nous sommes basés sur une orientation épistémologique socio-interactionniste, plus précisément sur les études de Vygotski (1997) à propos du développement et de la relation entre la pensée et le langage. Sur cette base, nous avons adopté le cadre théorico-méthodologique de l'Interactionnisme Socio-discursif (Bronckart et al., 2004), qui nous permet d'avoir une compréhension plus large de l'« action » humaine et du rôle du langage dans cette action, ainsi que du travail en tant que forme d'action (Bronckart et al., 2004) ; ce cadre propose aussi un modèle d'analyse de textes qui nous aide à interpréter les données. Nos questions de recherche étaient : i) quelles capacités d’ordre praxéologique et quelles connaissances d’ordre épistémique sont verbalisées par les étudiants universitaires ? ii) peut-on identifier des rapports entre elles ? Lesquels ? La méthode utilisée pour recueillir les verbalisations des étudiants universitaires a consisté en des récits de l’expérience vécue (Faïta, 2016). Afin de mieux connaitre l’impact de ce dispositif auprès de la communauté externe, nous avons également recueilli des données des acteurs de l’action éducative : un questionnaire pour avoir l’avis des élèves et un petit récit des enseignants des écoles. L’analyse des récits d’expérience vécue des étudiants universitaires a montré l’importance de cette action auprès de la communauté externe et proche des milieux de pratique pour l’établissement de rapports entre les capacités d’ordre praxéologique et les connaissances d’ordre épistémique. Nous avons aussi la pertinence de la collaboration établie entre les différents acteurs de cette action éducative. Les analyses ont également montré les difficultés et les conflits propres au métier d’enseigner une LE, ainsi qu’à la situation de se confronter pour la première fois à l’enseignement. | ||