
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Daily Overview |
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Communications_2: Recherche collaborative et partenariale en formation
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14:00 - 14:30
Faire ensemble : les premiers jalons d’une démarche de recherche-action collaborative en Institut de Formation en Travail Social 1Croix Rouge Compétence Occitanie, France; 2Université Paul Valéry Montpellier 3, UMR ART-Dev Le Laboratoire d’ingénierie sociale du Tarn, porté par Croix Rouge Compétence Occitanie et financé par le Conseil départemental du Tarn, est un projet de recherche-action collaborative. Celui-ci a vocation, via la co-analyse des problématiques des publics sur un territoire, en lien avec l’insertion et la lutte contre la pauvreté, à développer et expérimenter des pratiques professionnelles innovantes dans le cadre de l’accompagnement des assistantes de service social de polyvalence au département. Notre travail de recherche s’inscrit dans et sur le Laboratoire d’ingénierie sociale du Tarn. Lui-même pensé et construit autour d’une démarche participative, il rassemble tous·tes les acteur·ices concerné·es par la démarche : personnes accompagnées, professionnel·les de terrain, formateur·ices, étudiant·es, cadres de l’action sociale, partenaires... Notre démarche part du postulat que la recherche peut et doit se faire par le croisement des savoirs universitaires et des savoirs d’usage, si elle veut atteindre son potentiel transformateur. C’est dans cette dynamique que s’inscrivent donc les travaux du Laboratoire, dans une réflexion démocratique et de coopération entre professionnel·les de la formation en travail social, professionnel·les de l’accompagnement social, usager·es des services sociaux, futur·es professionnel·les, etc… De nombreux enjeux se posent pour permettre une véritable coopération entre toutes les parties prenantes : des enjeux de reconnaissance (symbolique comme financière) de la participation des publics comme des professionnel·les (Fraser, 2004) ; des enjeux concernant les conditions d’une participation véritable et démocratique (Arnstein, 1969/2024 ; Dewey, 1927/2010) ; des enjeux d’appropriation de la démarche par les acteurs ; des enjeux de transmission des apports de cette démarche aux acteurs des différentes structures ne participant pas directement au projet. Ce type de projet pose également de forts enjeux épistémologiques (Laville & Salmon, 2025) et méthodologiques (Staritzky, 2024) qu’il s’agit de prendre en compte. Le Laboratoire d’ingénierie sociale ayant entamé ses travaux il y a maintenant deux ans, nous pouvons poser un certain nombre de difficultés liées à cette démarche, mais aussi ses apports, les leviers permettant sa réalisation, et les nombreux questionnements soulevés (éthiques, méthodologiques…) au fur et à mesure des travaux. Nous proposerons donc dans cette communication de présenter dans un premier temps le projet et son fonctionnement, pour ensuite présenter une analyse des difficultés rencontrées lors de la démarche et des transformations induites par cette démarche dans les organisations la portant. Nous finirons par évoquer les enjeux de formation des acteurs liés à une démarche de recherche participative. En effet, ces derniers sont multiples. Il s’agit de penser comment un organisme de formation peut accompagner des démarches de recherche-action collaborative, comment elles peuvent constituer de la formation par l’action en elles-mêmes, et en retour, alimenter les évolutions des formations initiales comme continues. Il s’agit enfin de construire les dispositifs de formation dans une pluralité de regards : co-construire avec les professionnel·les comme les personnes accompagnées. Les éléments proposés sont issus d’une observation participante, ainsi que d’entretiens individuels et collectifs réalisés avec les membres du Laboratoire. Nous proposerons une communication à plusieurs voix, avec différentes actrices de cette recherche-action, apportant leurs regards et analyses complémentaires sur cette démarche et ce qu’elle a pu produire. 14:30 - 15:00
La dimension collaborative d’un dispositif de formation par l’analyse collective des interactions en entreprise sociale : le cas de la recherche-formation à la Fondation Trajets 1Université de Genève, Suisse; 2Fondation Trajets, Suisse Cette contribution présente un dispositif de recherche-formation développé dans le champ de l’insertion socio-professionnelle des adultes vivant avec des troubles psychiques (Bimonte, 2025). La recherche-formation a été élaborée en collaboration avec la Fondation Trajets, une institution basée à Genève qui met en œuvre des initiatives et des projets d’aide à l’insertion à destination d’adultes fragilisés dans leur santé mentale. Dans son service d’entreprises sociales, la fondation propose aux bénéficiaires des emplois adaptés dans différents secteurs d’activité ainsi qu’un accompagnement en situation de travail assuré par des intervenants socio-professionnels (ISP). A la demande de la fondation, nous avons proposé aux intervenants socio-professionnels, un dispositif de formation basé sur l’analyse vidéo de leurs pratiques et de celles de leurs collègues afin de partager, renforcer et valoriser leurs compétences d’accompagnement. La collaboration s’est cristallisée autour de l’analyse collective des interactions, appelée également « data session », une méthode de recherche développée dans le champ de l’analyse conversationnelle (Harris et al., 2012). Transposée au champ de la formation professionnelle, cette méthode d’analyse peut être utilisée comme un outil de conception à des fins de développement professionnel (Bimonte, à paraître ; Filiettaz et al., 2024 ; Zogmal, Filliettaz, & Ticca, 2024). Plus particulièrement l’analyse vise à permettre aux professionnels de développer différents traits particuliers de la compétence d’interaction (Pekarek Doehler et al., 2017) et ce par l’analyse descriptive des ressources multimodales déployées à des fins de coordination (Mondada, 2017). Dans le cadre de cette recherche-formation, la méthode d’analyse collective a été à la fois transposée, adaptée et scénarisée dans un dispositif de formation inédit. Celui-ci a alterné des séances d’analyses collectives de séquences vidéo des intervenants socio-professionnels, entrées thématiques et apports théoriques afin de répondre à leurs besoins de formation et aux enjeux qu’ils rencontrent dans leur travail d’accompagnement des bénéficiaires. Afin de mettre en œuvre ce dispositif de recherche-formation, plusieurs démarches collaboratives ont été mises en place entre la chercheuse, le partenaire de terrain et les intervenants socio-professionnels concernés. Par la présentation du contexte empirique, de la demande et de la méthode de conception choisie pour répondre à ces besoins, cette présentation vise à mettre en évidence les articulations entre recherche et formation à la lumière de la collaboration. Quels ont été les enjeux de collaboration dans le dispositif de recherche-formation au sein des entreprises sociales de la fondation ? Comment la collaboration s’est-elle concrétisée aux étapes clés du dispositif de recherche-formation (recueil de données, conception pédagogique, mise en œuvre, production des résultats) ? En quoi les choix méthodologiques ont-ils impacté la collaboration et la participation des intervenants socio-professionnels ? Quelles retombées pratiques et scientifiques peut-on esquisser à l’issue de cette démarche ? S’appuyant sur les principes de l’analyse collective des interactions en formation (Filliettaz, 2022), cette présentation tisse des liens avec le paradigme des démarches collaboratives en éducation (Desgagné & al., 2001). Elle offre un regard méta-analytique sur la collaboration mise en œuvre dans ce contexte, illustrant en quoi les dispositifs de recherche-formation par l’analyse collective des interactions et les transpositions issues de la démarche collaborative ont constitué des espaces heuristiques tant pour le terrain que pour la recherche. 15:00 - 15:30
effets d'une recherche collaborative sur le développement professionnel : le cas d'une diététicienne nutritionniste CREAD, Université de Brest, France Dans les métiers de l’humain et de l’intervention avec, pour et sur autrui (Barbier, 2017), il est maintenant admis par les chercheurs et les formateurs que l’apprentissage et la construction des sujets sont le résultat d’interrelation entre l’individu et les dimensions sociale, culturelle et matérielle de l’environnement. Pourtant, les effets des interventions restent souvent imprévisibles, voire éloignés des objectifs fixés (Pogent, Albero, Guérin 2019). Face à cette incertitude, dans le champ de l’analyse de l’activité humaine, des relations de partenariat entre chercheur et professionnel de la formation se développent pour comprendre in situ la construction de l’expérience et la manière dont se transforme l’activité des sujets. L’enjeu est double : analyser ces dynamiques et concevoir des formations pour encourager certaines activités et apprentissage en lien avec notamment des critères de santé, de soin, de sécurité. Cette communication s’inscrit dans cette démarche pragmatique et présente des résultats d’une recherche-intervention dans le champ de la santé et du soin (Guérin, à paraître). L’éducation des sujets porteurs de pathologies chroniques, visant à favoriser l’autonomie et la préservation de la vie (Tourette-Turgis & Thievenaz, 2014), constitue un défi majeur, d’autant que les transformations observées sont souvent silencieuses (Jullien, 2009) et difficiles. En effet, il est en effet difficile de connaitre ce qui a participé aux changements observés dans l’activité du sujet et son environnement. La communication portera sur la présentation de l’analyse compréhensive d’une relation de partenariat entre un chercheur et des professionnels de santé sur un temps long. Plus particulièrement elle rend compte des effets de la participation à la recherche en termes de construction de savoirs et de développement professionnel. L’objectif est de montrer, en se focalisant sur l’activité d’une diététicienne-nutritionniste la manière dont elle s’est approprié des outils et des concepts de l’analyse de l’activité pour mener ses consultations individuelles avec des patient.es ayant des troubles de comportements alimentaires. Les données, issues d’entretiens ont été analysées du cadre théorique et méthodologique du Cours d’action (Theureau, 2015) et à l’objet théorique du cours de vie (Theureau, 2006). Cette approche, a permis de retracer, sur une durée d’un an la manière dont la professionnelle a mobilisé et adapté des concepts de la recherche à ses savoirs professionnels. L’interprétation des résultats met en évidence que l’accompagnement s’appuyant sur l’explicitation d’expérience vécue favorise la mise à jour de dimensions non conscientisées de l’histoire vie de la patiente expliquant potentiellement l’origine des troubles des comportements alimentaires. D’autre part, les résultats ont aussi montré que le partenariat avec le chercheur avait participé à la transformation des consultations individuelles en termes d’objectifs et d’organisation. L’intention d’apporter un soin diététique centré sur le corps s’est substituée à la prescription de recommandations alimentaires. Cette communication discutera aussi les effets réciproques de la collaboration entre chercheur et professionnel en termes de réflexivité partagée et de développement des pratiques (Guérin, 2025). 15:30 - 16:00
Évolution d’un dispositif d’analyse collective de situations professionnelles filmées : une démarche de recherche participative 1Laboratoire du Grhapes, INSEI, France; 2Unité départementale des sciences de l’éducation, Université du Québec à Rimouski, Canada Accompagner le développement des apprentissages et la scolarisation des jeunes présentant un polyhandicap nécessite pour les professionnels « une subtile alliance d’humanisme et de technicité » (CTNERHI, 1993) ainsi qu’un travail étroit en équipe pluridisciplinaire (Saulus, 2009). En effet leurs situations, associant des troubles de l’efficience motrice et intellectuelle et des problèmes de santé nécessite un accompagnement quotidien pour répondre à leurs différents besoins et soutenir leur développement. Or, dans la formation initiale des différents professionnels accompagnant les personnes avec polyhandicap, peu d’éléments leur permettent de développer ces compétences. Menant depuis plusieurs années des recherches sur la scolarisation de ces jeunes (Toubert et al., 2018 ; Toubert et al., 2022), nous avons développé en lien avec ces recherches un diplôme universitaire « Polyhandicap, éducation et apprentissage ». Au sein de ce diplôme, nous avons mis en œuvre un dispositif de formation s’appuyant, entre autres, sur des temps d’analyses collective de situations filmées, considérant l’observation en regards croisés comme un acte professionnel essentiel auprès de ce public (Corbeil et Larouche, 2018 ; Scelles, 2020), notamment en raison de l’absence de communication verbale et des limites motrices qui entravent très fortement le processus communicationnel. Après deux ans de mise en place, nous avons recueilli les retours des étudiants ayant participé à ces sessions via des questionnaires et focus groups. Ils soulignent que le dispositif de formation a favorisé le développement des compétences professionnelles concernant l’observation et l’identification des compétences des jeunes. Ils mettent aussi à jour l’intérêt de ce travail en pluridisciplinarité (Zorn, Atlan et Corbeil, 2025), le DU ayant regroupé des enseignants, des éducateurs, des psychologues, des parents, etc. A l’issue de ces premières analyses, nous souhaitons désormais nous intéresser au processus de co-construction de sens au sein du groupe, c’est-à-dire la manière dont les participants et les personnes formatrices mobilisent leurs savoirs passés, interagissent entre eux à partir du visionnement des situations filmées, négocient leurs hypothèses interprétatives. Afin d’éclairer cet objet et pour répondre aux demandes des étudiants souhaitant poursuivre le travail amorcé lors du DU, nous avons prolongé le dispositif dans un contexte de recherche participative. Pour cela, nous avons constitué un groupe réunissant trois chercheures et huit professionnels volontaires ayant participés au DU. Ce groupe se réunira à trois reprises entre janvier et mai 2026, en visioconférence, afin de poursuivre ce travail d’analyse collective de situations professionnels filmées. Ces réunions seront enregistrées. Nous chercherons, d’une part, à identifier les thématiques et problématiques professionnelles qui émergeront afin d’enrichir nos précédents travaux (Zorn, Atlan et Corbeil, 2025). D’autre part, nous analyserons le processus de coconstruction de sens (Strauss, 1992) au sein du groupe ainsi que les ajustements et réorganisations nécessaires, individuels et collectif, permettant de mener une réflexion professionnelle formative. Ce travail en étant à son commencement, notre communication, qui s’inscrit dans l’axe 3, vise à rendre-compte de la méthodologie adoptée qui constitue à la fois un outil pédagogique et un observatoire inédit des interactions professionnelles, illustrant les liens féconds entre méthodologies de recherche et de formation. | ||