Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Communications_9: Recherche collaborative et translationnelle en formation
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13:30 - 14:00
Construire un partenariat de recherche : dynamiques collaboratives et enjeux épistémologiques 1Université Paris Est Créteil, France; 2Université Bourgogne Europe, France Cette communication propose une réflexion située sur le partenariat qui se construit avec l’association WorldSkills dans une recherche visant l’étude de l’expérience vécue et de la relation d’intersubjectivité entre formateur et apprenant. Cette recherche est adossée à un financement public obtenu par WorldSkills pour soutenir l’orientation des jeunes vers la formation professionnelle en capitalisant sur la visibilité offerte par ce dispositif de compétition métier. L’association exprime un intérêt marqué pour la recherche et formule des attentes concernant la compréhension du vécu des compétiteurs et des encadrants, ainsi que l’identification d’éléments susceptibles d’alimenter les pratiques d’entraînement. Cependant, son rôle n’en demeure pas moins la promotion de ses actions auprès d’une filière de formation professionnelle en demande de reconnaissance, et cela structure les attentes. Dans ce contexte, le partenariat ne constitue pas seulement une modalité d’accès au terrain, mais une composante qui oriente les contours de l’enquête. Cette communication s’inscrit ainsi dans l’axe 2 du colloque en interrogeant les conditions de faisabilité organisationnelle et institutionnelle de tels partenariats. En effet, l’enjeu est d’analyser comment se configurent les modes de collaboration possibles, les ajustements réciproques et les effets du partenariat sur la posture épistémologique et la démarche méthodologique de la recherche, qui s’inscrit dans les formes renouvelées de participation (Mouchet, 2018 ; Robin, Delcroix & Taillardat, 2025). Le terrain apparaît comme un interlocuteur à part entière, parfois prescripteur, avec lequel il faut composer pour définir les axes d’investigation, les modalités d’accès aux situations et l’usage des données recueillies (Monceau & Soulière, 2017). La chercheuse doit articuler écoute, transparence, vigilance éthique et maintien d’une autonomie analytique indispensable à l’activité scientifique. Ces dynamiques rappellent certains traits des démarches inspirées de la socio-clinique institutionnelle (Monceau, 2025) ou des recherches participatives (Maussang et al., 2023), où la collaboration influence la construction de la méthode et nécessite de rendre explicites la place et les attentes de chacun ainsi que leurs effets sur la production des matériaux d’enquête. La méthode se construit ici de manière située et relationnelle (Renaud, 2020). L’accès aux situations dépend de la qualité du lien établi, mais aussi des limites posées par le terrain, qu’il s’agisse de préserver certaines zones sensibles, de gérer les temporalités de l’entraînement ou de réguler la présence d’un observateur dans des contextes performatifs. Le regard de la chercheuse, façonné par son parcours et ses références théoriques, peut entrer en résonance ou en tension avec les attentes institutionnelles. Ces tensions constituent un matériau essentiel pour affiner les orientations méthodologiques, ajuster la posture adoptée et clarifier les conditions d’un partenariat viable (Mouchet, 2025). Dans cet environnement marqué par l’intensité des entraînements et la pluralité des acteurs, des enjeux éthiques apparaissent : respect du travail réel, non-ingérence, confidentialité, prudence dans l’interprétation et la diffusion des traces recueillies, ce qui rejoint les recommandations de Maussang et al. (2023). Le partenariat en construction avec WorldSkills offre un terrain privilégié pour analyser les conditions organisationnelles et institutionnelles qui rendent possible, ou limitent l’émergence de formes contemporaines de collaboration entre chercheurs et acteurs de la formation. 14:00 - 14:30
La double-asymétrie pour penser la relation chercheur/ professionnel dans des recherches collaboratives : de la collaboration à la co-élaboration. NANTES UNIVERSITE - CREN, France En prenant appui sur un parcours de chercheure sensible à l’instauration d’une relation chercheur/professionnel qui reconnaisse à la fois la spécificité des contributions de chacun - en termes de places, rôles, savoirs, compétences et responsabilités - et leur complémentarité au service d’un projet de co-élaboration de sens au plus près de ce qui fonde la pratique professionnelle de chacun, nous proposons une définition étayée de ce qui n’était au commencement qu’un concept pragmatique. Nous montrerons en quoi la terminologie choisie offre une opportunité de déplacement du débat mené en termes d’horizontalité vs verticalité ou encore symétrie vs asymétrie pour qualifier les relations chercheurs/professionnels dans les recherches collaboratives. Nous développerons alors les différentes formes d’asymétries en jeu dans ces relations et montrerons en quoi l’articulation dynamique de ces asymétries donne toute son épaisseur au concept de double-asymétrie. En nous appuyant sur nos expériences de terrain, nous reviendrons sur le caractère dynamique de la double asymétrie qu’il s’agit de faire exister en acte dans une temporalité suffisante et une attention particulière aux conditions de son maintien. Nous préciserons alors le glissement sémantique opéré pour qualifier les recherches de collaboratives à co-élaboratives, en mettant l’accent sur le processus de construction conjointe de sens que préfigurent les dispositifs de co-explicitation mobilisés en didactique professionnelle pour accéder aux éléments qui fondent la conduite d’un sujet en situation. Or ni le chercheur ni le professionnel ne peuvent y accéder seuls : là où le professionnel a la mémoire intime de l’action, le chercheur dispose d’outils méthodologiques et conceptuels susceptibles d’étayer sa mise en mots. La double-asymétrie décrit ainsi un rapport d’interdépendance constitutif de la co-élaboration : chacun « sait » ce que l’autre ignore encore, et a besoin de l’autre pour produire un savoir nouveau sur l’activité. Pour finir, nous ouvrirons la discussion quant à la pertinence d’un tel concept pour penser conjointement les enjeux épistémiques et éthiques des recherches sur l’activité professionnelle, conduites « avec » et non « sur » les acteurs de terrain. 14:30 - 15:00
Articuler recherche et pratiques professionnelles : enjeux organisationnels et épistémologiques d’un dispositif de recherche translationnelle UNIGE FPSE, France Dans un contexte où s’affirme la nécessité de rapprocher production scientifique et pratiques professionnelles, la recherche translationnelle connaît un regain d’intérêt en éducation (Dehaene & Pasquinelli, 2021). Inspirée du champ biomédical, elle vise à réduire l’écart entre avancées théoriques et réalités des terrains, non en appliquant directement des prescriptions, mais en organisant un processus de co-construction situé, sensible aux contraintes institutionnelles et aux savoirs professionnels. Cette perspective interroge les conditions concrètes permettant l’articulation entre recherche et formation, notamment dans des logiques de continuité, de rupture ou de transformation. L’étude s’appuie sur une expérience menée dans l’académie de Lyon entre 2021 et 2024, centrée sur la création d’une cellule Recherche-Terrain (RT). Cette entité intermédiaire avait pour mission d’accompagner des projets de recherche-développement présentant un haut niveau de maturité, afin d’en favoriser l’implémentation à plus grande échelle. L’analyse adoptée relève d’une démarche compréhensive : il s’agit d’une reconstruction réflexive fondée sur l’expérience de coordination, attentive aux dynamiques organisationnelles, aux ajustements méthodologiques et aux tensions institutionnelles traversant le dispositif, dans l’esprit des recherches-interventions (Schön, 1983 ; Perrenoud, 2001). La contribution interroge les conditions organisationnelles, méthodologiques et épistémologiques nécessaires pour articuler recherche et pratiques professionnelles, ainsi que les effets produits par la mise en œuvre d’un dispositif structuré de recherche translationnelle. Trois résultats principaux se dégagent. Premièrement, la démarche translationnelle requiert une forte flexibilité méthodologique. Les ajustements opérés au fil du déploiement (adaptation des calendriers, reformulation d’outils, appui différencié aux enseignants, révision du protocole expérimental) ne constituent pas des contingences mais l’expression même d’une logique itérative et dialogique. Cette dynamique rejoint les approches pragmatistes de l’enquête (Dewey, 2010) ainsi que les processus d’intéressement et d’enrôlement décrits par la sociologie de la traduction (Callon, 1986). Deuxièmement, l’étude montre l’importance d’une interface organisationnelle hybride, distincte des structures académiques usuelles. La cellule RT a joué un rôle de médiation entre temporalités de la recherche et urgences professionnelles, permettant la coordination des acteurs, la stabilisation des espaces de négociation et la sécurisation de l’implémentation, notamment lors du projet pilote porté par un laboratoire universitaire. Troisièmement, les tensions institutionnelles rencontrées (hésitations hiérarchiques, inertie administrative, confusions entre dispositifs) apparaissent non comme des obstacles périphériques mais comme un matériau central de compréhension. Leur gestion active, reposant sur la négociation, la reformulation et la pédagogie institutionnelle, constitue une compétence translationnelle à part entière. Ainsi, cette proposition de communication éclaire les conditions nécessaires à une articulation durable entre recherche et pratiques professionnelles, en montrant que la recherche translationnelle, loin d’un modèle linéaire de transfert, repose sur une économie organisationnelle spécifique, un travail de médiation continue et une épistémologie de l’ajustement. 15:00 - 15:30
Analyse d’une collaboration de recherche à propos des activités des micro-entrepreneurs Université de Lille, CIREL, France En France, dans le secteur de l’artisanat, le statut de micro-entrepreneur a fait l’objet d’un grand intérêt et d’un nombre important de créations d’entreprises. Les conditions de création de ces entreprises, leur pérennité, leur inscription dans le tissu économique sont mal connues (Institut Supérieur des Métiers, 2023 ; de Miribel, Champy-Remoussenard et Denny, 2024). Les activités et les compétences mobilisées par les micro-entrepreneurs également. Dans le but de mettre en place des moyens d’accompagnement et de formation de ces nouveaux entrepreneurs, la recherche présentée fait suite à la commande de la Chambre des Métiers et de l’artisanat des Hauts de France pour apporter un éclairage sur ces dimensions. Elle a eu pour objectifs de mieux comprendre les activités des micro-entrepreneurs, d’identifier les compétences mobilisées et celles qui manqueraient, globalement de réaliser une étude du travail susceptible de permettre une analyse des besoins d’accompagnement et de formation ancrée dans la connaissance de l’activité réelle (Lesne, 1984 ; Marquart, 1976). Cette recherche a notamment consisté en une enquête réalisée auprès de trente-deux micro-entrepreneurs à partir de la narration du parcours et de l’activité de chacune des personnes concernées. Les données collectées ont permis l’analyse du rapport au travail des micro-entrepreneurs, l’identification de domaines de compétences et de stratégies d’apprentissages mobilisées. Ces résultats ont contribué à renseigner une analyse des besoins de formation et d’accompagnement spécifiques aux micro-entrepreneurs. Cette communication s’inscrit dans le cadre des recherches conduites sur l’éducation à l’esprit d’entreprendre (Champy-Remoussenard, de Miribel et Sido, 2025) repose sur l’analyse a posteriori du processus de recherche conduite dans un cadre commandité. Il s’agira de mettre en évidence la manière dont ce processus – allant de la formalisation de la commande à la restitution des résultats, en passant par la réunion régulière d’un groupe de pilotage auxquels a participé l’équipe de recherche et des professionnels de l’accompagnement micro-entrepreneurial – a donné lieu à des formes de collaboration présentant des effets sur la conduite de la recherche. L’analyse revient sur le caractère co-construit du processus de recherche à la faveur d’interactions régulières dans le cadre du groupe de pilotage. Elle met en évidence la manière dont le groupe de pilotage a assuré une fonction de négociation du processus de recherche, de définition de la méthodologie d’enquête, de présentation et de discussion des résultats. La forme dialogique prise par ce groupe a permis à certains acteurs de l’accompagnement du micro-entrepreneuriat artisanal de mettre en réflexion leurs intérêts et préoccupations pour la problématique des liens entre travail et formation qui caractérise les micro-entrepreneurs, ceci dans un contexte socio-professionnel où le régime de micro-entrepreneur est fortement controversé. La communication reviendra tout particulièrement sur trois points de discussions et de tensions rencontrées dans le cadre du groupe de pilotage : - Les termes des discussions et débats internes au groupe de pilotage ; - La réception des résultats au sein du groupe de pilotage et leur traduction en termes de besoins de formation ; - La réception des résultats auprès de la communauté professionnelles élargie aux entrepreneurs plus « classiques » et leur mise en discussion à partir d’enjeux corporatistes spécifiques au domaine de l’artisanat. | ||