
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Travaux_en_cours_2: Work-in-Progress
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Former en contexte écologique : vers une co-construction des dispositifs de formation avec les bénéficiaires Université Paris Nanterre / Centre Inffo, France La transition écologique nécessite l’implication active des pays, mais sa mise en œuvre demeure fortement conditionnée par les priorités politiques et les équilibres géopolitiques en constante évolution. Elle fait en outre l’objet de débats nourris, du fait de la diversité – parfois antinomique – des acteurs et des intérêts engagés. Sujet singulier, la transition écologique se caractérise par les changements de paradigmes et de comportements qu’elle appelle, par la transformation des normes et des valeurs sociales qu’elle requiert, ainsi que par l’urgence qui en constitue le cadre général. Dans ce contexte, la formation professionnelle apparaît comme un levier stratégique pour accompagner ces transformations, bien que son modèle traditionnel en montre rapidement les limites. Elle doit ainsi adopter une approche pédagogique renouvelée, articulée autour de quatre dimensions : une dynamique multi-acteur, une perspective interdisciplinaire, un fonctionnement horizontal et une orientation à la fois éthique et pragmatique. Ces dimensions convergent vers un concept encore en construction : celui de maîtrise d’usage. Sa mobilisation implique un véritable changement de paradigme dans le champ de la formation. En effet, la conception des formations ne repose plus uniquement sur l’articulation classique entre maître d’ouvrage et maître d’œuvre : elle intègre désormais les maîtres d’usage, c’est-à-dire les bénéficiaires eux-mêmes, associés activement à la co-conception de leur future formation. De fait, ils identifient les compétences à développer, co-construirent l’architecture du parcours de formation associé, testent le prototype, endossent un rôle d’ambassadeur lors de l’implémentation des formations et enfin évaluent leur formation. Cette approche est actuellement expérimentée dans le cadre du projet iTEEnéraire, lauréat de l’Appel à Manifestation d’Intérêt « Compétences et métiers d’avenir » (AMI CMA) et inscrit dans le cadre des objectifs et leviers de France 2030. Le projet est porté par un consortium réunissant le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), l’ADEME – l’agence de la transition écologique – et la Région Centre-Val de Loire. Par ailleurs, il s’agit de notre terrain de recherche dans le cadre de notre thèse. Les données recueillies l’ont été lors d’une participation active, de notre part, au processus de co-conception. Ce qui précède va dans le sens de la réflexion autour de laquelle semble s’être construit l’axe 2 du colloque et pourrait apporter un début de réponse à la question posée par les organisateurs : en quoi ces nouveaux partenariats entre personnes concernées par la formation influencent-ils les pratiques, et quels sont leurs résultats ? Les questions suivantes pourraient être discutées lors de la présentation :
Accompagner les transformations écologiques : un renouvellement des paradigmes pédagogiques. Université Paris Nanterre / Centre Inffo, France La transition écologique nécessite l’implication active des pays, mais sa mise en œuvre demeure fortement conditionnée par les priorités politiques et les équilibres géopolitiques en constante évolution. Elle fait en outre l’objet de débats nourris, du fait de la diversité – parfois antinomique – des acteurs et des intérêts engagés. Sujet singulier, la transition écologique se caractérise par les changements de paradigmes et de comportements qu’elle appelle, par la transformation des normes et des valeurs sociales qu’elle requiert, ainsi que par l’urgence qui en constitue le cadre général. Dans ce contexte, la formation des adultes apparaît comme un levier stratégique pour accompagner ces transformations, bien que son modèle traditionnel en montre rapidement les limites. Elle doit ainsi adopter une approche pédagogique renouvelée, articulée autour de quatre dimensions : une dynamique multi-acteur, une perspective interdisciplinaire, un fonctionnement horizontal et une orientation à la fois éthique et pragmatique. La transition écologique interroge également l’approche par compétences et conduit à porter l’attention sur les processus situés en amont de leur attribution. C’est pourquoi cette thèse explore une démarche plus globale, centrée sur le développement des procès d’action au sein de dispositifs de formation intégrant les quatre dimensions précédemment identifiées. Ce qui précède va dans le sens de la réflexion autour de laquelle semble s’être construit l’axe 1 du colloque et pourrait apporter un début de réponse à la question posée par les organisateurs : Comment s’appuyer sur les acquis de la recherche pour développer des pratiques de formation permettant de répondre aux enjeux contemporains ? Les questions suivantes pourront être discutées lors de la présentation :
Médiation entre recherche et pratique en contexte interprofessionnel : un travail en cours dans un dispositif visant la transformation des pratiques d’enseignants d’école primaire 1: Université de Lille, France; 2: Laboratoire CIREL-RECIFES, ULR 4354; 3: Université d'Artois, France; 4: Laboratoire GRAMMATICA, EA 4521 Dans un contexte de transformations profondes du monde éducatif, marqué par la diversification des partenariats, l’évolution des pratiques professionnelles et une attention croissante portée au rôle de la recherche, les initiatives visant à articuler savoirs scientifiques et pratiques de terrain se multiplient. L’étude proposée interroge la manière dont un dispositif de formation destiné à des enseignants du premier degré engagés dans un projet d’innovation de la forme scolaire, et mobilisant les travaux sur l’interprofessionnalité, peut contribuer à éclairer et transformer leurs pratiques professionnelles. Dans ce cadre, l’interprofessionnalité peut être envisagée comme un processus d’évolution des pratiques, supposant un déplacement d’une logique de « monopole de l’expertise » vers une coopération fondée sur la traduction réciproque des savoirs (Hatano-Chalvidan, 2016). Le dispositif de formation observé s’est déroulé à l’université et a débuté par une séance animée par un enseignant-chercheur en sociologie spécialisé dans la dimension collective du travail partenarial. Cette séance visait à expliciter les interactions, complémentarités et tensions possibles entre les acteurs (Filiod, 2017, 2018). À la suite de cet apport, des ateliers d’échanges ont permis aux enseignants et aux professionnels impliqués de discuter de leurs pratiques dans le cadre du projet d’innovation de la forme scolaire mis en œuvre dans leur école. L’enjeu central de l’étude est de mettre au jour les processus par lesquels les enseignants s’approprient, transforment ou résistent aux savoirs issus de la recherche, et d’examiner comment le dispositif peut soutenir une démarche réflexive conduisant d’abord à l’objectivation d’une situation professionnelle (Lehner & Seillier-Ravenel, 2021), puis à la secondarisation des pratiques. Nous réinvestissons ce concept, initialement élaboré pour les apprentissages des élèves (Bautier & Goigoux, 2004), pour analyser les dynamiques réflexives enseignantes. Nous cherchons également à identifier les conditions dans lesquelles cette mise à distance pourrait évoluer vers une tertiarisation, entendue comme transformation effective de l’activité (Étienne & Jean, 2007). Méthodologiquement, l’étude porte sur une équipe d’enseignants d’école primaire travaillant avec une médiatrice culturelle, des chorégraphes et des danseurs dans le cadre d’un projet d’éducation artistique et culturelle visant l’acculturation d’élèves d’éducation prioritaire au monde de la danse. Elle mobilise une démarche qualitative compréhensive fondée sur des entretiens semi-directifs inspirés de l’entretien d’explicitation (Vermersch, 1991, 2019), des observations de séances de danse et de classe avant et après la formation, l’analyse d’un compte rendu d’équipe et la tenue d’un journal du chercheur inspiré de Becker (2002). L’analyse thématique inductive en cours (Paillé & Mucchielli, 2021) permet déjà de dégager des tendances provisoires. À ce stade, plusieurs pistes émergent : représentations de la recherche chez les enseignants, dynamiques interprofessionnelles, conditions favorisant ou freinant la secondarisation, premiers indices de transformation de l’activité, ou encore manifestations de réflexivité doxique (Mamede, 2018). Cette étude replace au centre la question de la médiation entre recherche et pratique, envisagée comme un processus de circulation et de transformation des savoirs. Les premiers résultats suggèrent que l’appropriation des savoirs dépend étroitement des conditions de contextualisation, de dialogue et de traduction entre cultures professionnelles (Vinatier & Morrissette, 2015 ; Bednarz, 2015), particulièrement dans les contextes artistiques marqués par des habitus hétérogènes (Kherroubi & Lebon, 2017). | ||