
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Travaux_en_cours_1: Work-in-Progress
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Rapport d’étonnement des internes en rotation au SMUR 1: Haute Ecole Pédagogique du Valais, Suisse; 2: Hôpitaux universitaires de Genève Nous mettons en place dès le début de l’année 2026 un dispositif de rapport d’étonnement destiné aux médecins internes en rotation au sein du service mobile d’urgence et de réanimation (Barras et al., 2020). L’objectif de ce travail préliminaire est triple. Il s’agit, d’une part, d’évaluer la pertinence et l’appropriation de cet outil par les internes ; d’autre part, d’examiner les apports réflexifs générés par l’écriture de ces rapports ; enfin, d’explorer le potentiel de cette démarche pour ajuster les pratiques d’accueil, de formation et d’organisation du service. L’étonnement désigne à la fois la surprise et l’action d’ébranler (Académie française, 2019). Dans une perspective de formation professionnelle, il constitue un moment de rupture qui ouvre un processus d’enquête au sens de Dewey (1938) : confronté à un élément inattendu, l’acteur cherche à comprendre la situation, à identifier les variables significatives et à reconstruire son expérience pour orienter l’action future. Ce mécanisme s’inscrit dans un cycle d’apprentissage expérientiel (Kolb, 1984), où l’événement surprenant favorise la déstabilisation productive des schèmes d’action. L’étonnement joue également un rôle essentiel dans l’analyse de l’activité, en révélant les écarts entre l’activité prescrite et l’activité réelle, les ajustements opérés en contexte, les normes de métier implicites et les régulations individuelles et collectives propres au travail en urgence. Dans cette perspective, le rapport d’étonnement n’est pas seulement un outil réflexif individuel : il constitue aussi un instrument d’amélioration continue des pratiques (Stoerkel, 2007) et de mise en visibilité des déterminants du travail réel. Le dispositif sera proposé à l’ensemble des internes quatre semaines après le début de leur rotation, moment où le « voile de naïveté » initial tend à se dissiper au profit d’une compréhension plus fine et située des exigences du travail au SMUR. Les internes recevront une grille réflexive structurée en quatre axes : les découvertes réalisées, les liens avec les expériences antérieures, les points d’amélioration identifiés et les perspectives envisagées pour la suite de leur parcours. L’expression pourra prendre la forme d’un texte libre, d’un tableau ou d’une carte conceptuelle, afin de soutenir différentes modalités de mise en forme et d’analyse de l’expérience. L’analyse des rapports produits durant le premier semestre portera tant sur la forme que sur le contenu. Elle adoptera une approche inductive inspirée de l’analyse de l’activité, visant à identifier : les écarts perçus entre représentations initiales et pratiques observées, les régulations mises en œuvre, les dimensions collectives et distribuées du travail et les ressources mobilisées ou manquantes dans l’action. Cet examen permettra d’orienter le développement professionnel des internes, notamment en rendant explicites les mécanismes d’ajustement, les gestes de métier, les arbitrages temporels et décisionnels caractéristiques du travail préhospitalier. Il offrira également des éléments utiles pour ajuster les modalités d’accueil, d’encadrement et de formation au sein du service. L’ensemble des premières données collectées fera l’objet d’une présentation visant à proposer une première analyse du dispositif et de son potentiel pour mieux comprendre l’activité et soutenir l’apprentissage en situation. Evolution d’une grille d’observation en salle de classe – adaptation de l’outil à un dispositif de simulation : une méthodologie de recherche-intervention au service du développement pédagogique dans une HES. 1: Haute Ecole de Santé, La Source, Lausanne; 2: UNIGE, faculté des sciences de l'éducation Dans la formation Bachelor en soins infirmiers, l’enseignement par simulation occupe une place croissante et mobilise des compétences pédagogiques spécifiques, notamment en matière de facilitation, de régulation du climat d’apprentissage et de conduite du débriefing. Or, les outils d’observation pédagogique disponibles pour rendre compte de l’activité des enseignant·es en situation de simulation sont actuellement issus de contextes d’enseignement plus traditionnels (séminaires, cours ex-cathedra) et peinent à saisir les spécificités d’un contexte de simulation. Cette communication documente une démarche de recherche-intervention portant sur l’évolution d’une grille d’observation en salle de classe vers un outil d’observation spécifique destiné à accompagner les enseignant·es lors de séances de simulation. Le projet est conduit au sein de la Haute École de Santé La Source à Lausanne, dans le cadre d’une collaboration entre le service de développement pédagogique et professionnel (DPP) et le service de simulation (SIM), et s’inscrit dans un projet indépendant du master en formation des adultes de l’UNIGE sous la direction de Monsieur Simon Flandin. La méthodologie adoptée repose sur une approche qualitative, itérative et multimodale, combinant plusieurs types de recueils de données :
L’analyse s’appuie sur le cadre théorique de Florence Policard (2018), en particulier sur la notion de modalités de guidage (instrumental, didactique, étayant, productif, prospectif, normatif), mobilisées pour analyser l’activité de l’observateur·trice. Ce cadre permet de mettre en évidence une tension centrale : concevoir un outil suffisamment structurant pour guider l’observation, tout en préservant la prise en compte d’éléments transversaux et situés (climat pédagogique, ajustements en temps réel, micro-régulations). Les résultats montrent que la grille ne fonctionne pas uniquement comme un instrument de recueil de données, mais comme un outil plus complexe qui organise le regard de l’observateur·trice et outille la restitution, participant ainsi au développement professionnel des enseignant·es engagé·es dans la simulation. Les itérations successives conduisent à la formulation de recommandations méthodologiques pour une version enrichie de la grille, pensée comme un dispositif souple, évolutif et partagé entre services. Cette contribution vise à mettre en lumière une méthodologie de recherche-intervention à forte écologie méthodologique, fondée sur un recueil de données progressif et multimodal (notes vocales, entretiens enregistrés, transcriptions assistées par l’IA), intégré au fil de l’activité. Elle montre comment des contributions distribuées permettent de documenter finement les processus de conception et d’usage d’un outil pédagogique, dans une logique peu coûteuse en temps et en ressources. Cette approche apparaît transférable à d’autres contextes de formation des adultes. La contribution prendra la forme d’un poster, accompagné de temps d’échanges avec les participant·es. | ||