
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Daily Overview |
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Sympo_double_11: (Trans)former ensemble : enjeux de la participation en formation et en recherche
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| Présentations | ||
(Trans)former ensemble : enjeux de la participation en formation et en recherche Les démarches dites participatives dans les champs de l’éducation-formation et de la recherche scientifique sont de plus en plus nombreuses. Elles cherchent à montrer/comprendre comment les personnes apprenantes, formatrices, chercheuses, praticiennes et citoyennes peuvent co-construire des savoirs, des compétences et des pratiques, dans une logique de transformation à la fois individuelle et collective. En formation, la finalité des approches participatives vise à favoriser l’émancipation des acteurs et des actrices en quête de savoirs, leur pouvoir d’agir et leur engagement actif dans les processus d’apprentissage. Il est aussi question de mieux articuler théorie et pratique, en tenant compte des réalités de terrain et des besoins des personnes apprenantes. En recherche, les approches participatives telles que la recherche-action, la recherche collaborative, la recherche partenariale ou plus récemment la recherche-accompagnement ou la recherche-création, questionnent le rôle des chercheurs et des chercheuses comme seul producteurs.trices ou auteurs.trices des connaissances. Elles proposent une redéfinition des responsabilités, des méthodes et des finalités de la recherche, en intégrant si possible les acteurs et actrices concernés dès la formulation des problématiques et jusqu’à la restitution des analyses. Cette co-production des savoirs vise une plus grande pertinence sociale et une meilleure appropriation des connaissances produites. Les défis de telles approches sont néanmoins nombreux dans la mesure où la participation ne se limite pas à une simple implication formelle. Elle engage une reconnaissance des savoirs expérientiels, des points de vue pluriels et des rapports de pouvoir qui structurent les dispositifs de formation comme ceux de la recherche, en miroir des rapports de domination qui traversent l’organisation sociale et politique dans son ensemble. Les démarches participatives soulèvent donc des enjeux majeurs tels que les conditions éthiques de la participation, la reconnaissance institutionnelle, les tensions entre exigences scientifiques et attentes des acteurs, ou encore les risques d’instrumentalisation de la participation. (Trans)former ensemble suppose ainsi de créer des espaces de dialogue, de négociation et de réflexivité, capables de soutenir des transformations durables des pratiques, des identités professionnelles et des cadres institutionnels. Dans cette perspective, la participation est pensée comme un levier de transformation de l’ordre social et non d’adaptation à ce dernier, car l’adaptation reproduit les inégalités sociales. Les deux sessions de ce symposium traiteront chacune à leur manière ces enjeux. Dans la première, les trois contributions mettront en discussion des « outils » élaborés pour tenter de relever les défis ; dans la seconde, elles questionneront des démarches de formation et de recherche développées dans des institutions aux caractéristiques diverses (HES, hôpitaux, ONG). Présentation du symposium Former des co-chercheur·es à l’enquête dans le domaine de santé : entre empowerment et disempowerment Nous présenterons deux co-recherches menées par le ColLaboratoire de l’Université de Lausanne au sein desquelles une quarantaine de co-chercheur·es ont été asocié·es. La première, inscrite dans une démarche de méthodes mixtes de 5 ans, a produit un outil d’orientation thérapeutique en santé intégrative nommé PANORAMA. Sous la forme d’un jeu de cartes imagées, il permet de représenter sa situation de santé dans sa globalité et de la transmettre clairement à son interlocuteur·ice ; il est accompagné d’un guide et d’un site web. La seconde a réuni pendant 2 ans une équipe de chercheur·es et de seniors pour une enquête qualitative et recueilli les témoignages de patient·es aîné·s hospitalisé·s au CHUV et de leurs proches. Il s’agissait de comprendre ce qui compte vraiment pour elles et eux durant une hospitalisation. À partir de ces récits, l'équipe a collaboré avec des professionnel·les de l’audiovisuel pour créer de courtes vidéos d’animation destinées à sensibiliser les professionnel-les. Ces deux projets ont exigé le développement d’outils de co-formation et de co-design qui ont permis de transgresser la répartition habituelle des rôles et des légitimités entre les différents acteurs. Manifeste pour une prise de parole émancipatrice Dans le cadre d’un projet de recherche soutenu par le G3 de la Francophonie entre 2020 et 2023, plus de trente personnes en provenance des milieux universitaires, associatifs et institutionnels ont participé à des journées d’échanges sur le thème « Prendre et donner la parole dans le social, la santé et l’éducation ». Le travail collaboratif réalisé a abouti à la construction d’un manifeste pour contribuer à plus de justice sociale par une attention partagée aux voix légitimées comme à celles qui sont invisibilisées et discréditées, et par une réflexion sur les contextes, postures, rapports sociaux qui les produisent. Une boussole de la participation : préparer et réaliser une recherche-action Cette contribution présente un instrument conceptuel (construit sur la base de multiples recherches-action) facilitant la réflexion autour des enjeux de la participation et du choix des acteurs dans une recherche-action. Dans la préparation d’une telle recherche, il est indispensable d’identifier la diversité des acteurs concernés, pertinents, nécessaires, de comprendre les ressources de leur engagement et les raisons de leur contribution. C’est ainsi que peuvent se définir les types de participation possibles tout au long de la démarche. Il est aussi essentiel de faciliter leurs implications par des méthodologies (animation, co-décision, co-analyse...) adaptées à leurs spécificités, dans la conduite même de la recherche. La participation des personnes concernées dans la formation des travailleurs sociaux : enjeux pédagogiques et institutionnels Cette communication repose sur deux dispositifs de formation menés depuis plusieurs années à la Haute école de travail social de Fribourg, dans lesquels des personnes directement concernées collaborent à la formation à partir de leurs savoirs d’expérience. Si l’intérêt de ce type d’approche est aujourd’hui bien reconnu, les nombreux défis qui attendent les enseignant-es et les écoles qui s’y aventurent le sont beaucoup moins. C’est pourquoi les responsables de ces deux dispositifs ont mené une analyse des enjeux pédagogiques et institutionnels rencontrés au cours de leurs expériences. La communication proposée présentera le fruit de ces réflexions. Savoirs d’expérience, recherche et formation : alibi ou réelle reconnaissance ? Les savoirs d’expérience, issus de la pratique et du vécu (patients, professionnels de terrain), sont aujourd’hui à la fois célébrés et marginalisés dans la recherche et la formation. Cette ambivalence soulève une question centrale : leur intégration relève-t-elle d’une vraie reconnaissance ou d’un simple alibi pour cocher des cases d’inclusion, débloquer les financements, mais sans impact réel sur le plan décisionnel ? Trois exemples seront présentés et discutés : a) l’intégration, dans les recherches, des personnes avec un savoir expérientiel dans la co-construction des protocoles (comités paritaires chercheur.es-patient.es) ; b) certification des savoirs expérientiels par suite d’évaluations portant sur les compétences relationnelles et réflexives (université des patients) ; c) formation des enseignant.es et des chercheur.es à la valeur de ces savoirs par la création d’espaces hybrides (conférences communes). Quand une ONG et une institution publique de formation collaborent pour produire et transmettre des savoirs autrement : intérêts, défis et perspectives. Le mouvement ATD Quart Monde Suisse et la Haute école de travail social de Fribourg collaborent depuis plusieurs années autour de projets visant à croiser les savoirs entre personnes ayant l’expérience de la pauvreté, professionnel-les et scientifiques. Cette communication portera sur les effets et les enjeux de ce partenariat, à la fois au niveau des acteurs/trices impliqué-es et des organisations. Les apprentissages réalisés permettront d’esquisser les conditions favorables à ce type de collaboration, qui nécessite de faire évoluer les cadres habituels de recherche et de formation. | ||