
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
|
Récapitulatif du jour |
| Session | |
|
Communications_14: Reconversion et développement professionnel Salle: M2140 Président(e) de session : Pauline Vanderavero | |
| Présentation 1 | |
9:00 - 9:30
(re)venir au choix : je suis ambulancier 1: Etudiant UNIGE, Suisse; 2: Etudiante UNIGE, Suisse; 3: Etudiant UNIGE, Suisse Dans un contexte suisse marqué par le vieillissement démographique, l’intensification des sollicitations préhospitalières et une tension persistante sur la relève des professionnel·le·s de la santé, le recrutement et surtout l’entrée durable en formation d’ambulancier·ère deviennent un enjeu de politique de formation autant qu’un défi d’accompagnement. Notre proposition s’inscrit à l’interface recherche–formation en interrogeant ce qui rend, pour des adultes déjà engagés dans une trajectoire professionnelle antérieure, le choix de « devenir ambulancier·ère » suffisamment signifiant pour supporter les exigences du métier (rythmes, exposition émotionnelle, contraintes organisationnelles) et s’engager dans un dispositif de formation supérieur. Adoptant une perspective développementale et interactionniste des transitions professionnelles, nous mobilisons une articulation théorique entre trajectoires/temporalités (Boutinet, 2014), transitions comme traversée instable génératrice de remaniements (Zittoun, 2012), et dynamiques identitaires (Kaddouri, 2019) — notamment la tension entre « projet de soi pour autrui » (attentes intériorisées, normes familiales/sociales) et « projet de soi pour soi » (quête de cohérence, reconnaissance et sens). L’hypothèse directrice est que l’entrée en formation ne relève ni d’une décision ponctuelle ni d’un calcul strictement rationnel, mais d’un processus long, situé et affectivement chargé, où l’individu négocie des ruptures biographiques, des ressources relationnelles et des projections de futur. Sur le plan méthodologique, l’étude repose sur quatre entretiens narrativo-explicatifs menés auprès d’étudiant·e·s en première année à l’ES ASUR. Le dispositif combine une phase narrative (mise en récit de la trajectoire, repérage de bifurcations) et une phase d’explicitation inspirée de Vermersch (2000) (accès aux dimensions pré-réflexives de l’expérience), soutenue par la production de lignes de vie. L’analyse est inductive : codage ouvert et axial sous ATLAS.ti, analyse thématique réflexive (Braun & Clarke, 2022) et analyse diachronique/synchronique (Petitmengin et al., 2019) afin de reconstituer la dynamique temporelle des choix et de comparer transversalement un « moment de bascule ». Les résultats font émerger cinq axes structurants : (1) un « transiteur positif » (figures de soutien, pairs, professionnels inspirants, immersion/stage) jouant un rôle de médiation ; (2) des motivations altruistes comme fil conducteur, souvent anciennes mais progressivement rendues explicites ; (3) un mouvement « vers mes valeurs » (alignement, utilité sociale, appartenance à un collectif) ; (4) un entre deux fait de désengagement de l’ancien projet et d’engagement gradué dans le nouveau ; (5) des projets identitaires marqués par la montée d’une dissonance puis une résolution donnant un sentiment de congruence. L’analyse synchronique du « moment de bascule » (effet « wouah ») souligne quatre composantes transversales : existentielle, projective, interactionnelle et affective. Au croisement des Axes 1 et 2, ces résultats invitent à penser des dispositifs de recrutement et d’accompagnement qui ne se limitent pas à informer, mais fabriquent des espaces-temps de rencontre, de vicariance et d’expérimentation (stages, récits de pairs, mentorat) permettant aux candidat·e·s de transformer un possible en projet habitable. Ainsi, développer les rapports entre recherche et formation revient ici à outiller l’action (pistes praxéologiques) sans réduire la transition à une « bonne pratique » : il s’agit plutôt de reconnaître la dimension identitaire, relationnelle et émotionnelle de l’engagement en formation, et d’en faire un objet partagé entre institutions, formateurs et apprenant·e·s. | |