
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Communications_24: Coopération en situation d'urgence et de crise Salle: MS160 Président(e) de session : Laurie-Anna Dubois | |
| Présentation 2 | |
16:45 - 17:15
Former à coopérer… sans inciter à coopérer ? L’activité d’un formateur « expert métier » en simulation à la gestion multidisciplinaire de crise Université de Mons, Belgique Les dispositifs de formation professionnelle par simulation reposent fréquemment sur des partenariats entre centres de formation et experts métier. Le recours à ces derniers peut renforcer l’authenticité des scénarios et l’engagement des apprenants (Bauer et al., 2022 ; Jossberger et al., 2022) tout en donnant accès aux dimensions tacites de l’activité (Lemaître et al., 2013). Ces apports sont particulièrement utiles pour former à la gestion des risques dans des environnements incertains, où les imprévus ne peuvent être maîtrisés par la seule application de prescriptions. Toutefois, l’expertise métier ne suffit pas à garantir des apprentissages de qualité : la manière dont les formateurs conduisent la simulation joue un rôle déterminant (Decker et al., 2021). Cet enjeu est d’autant plus marqué dans la sécurité civile, structurée par des rapports hiérarchiques stricts et une culture du contrôle liée aux hauts risques associés. Les formateurs « experts métier » y occupent toujours un grade supérieur à celui des apprenants. Cette asymétrie n’est pas neutre : lorsque le formateur est perçu comme détenteur du commandement, des prescriptions, de l’esprit de corps…, la dynamique d’apprentissage peut s’en trouver affectée. Certains de nos travaux récents montrent d’ailleurs que ces formations tendent davantage à renforcer la conformité au prescrit et l’adhésion à la figure d’autorité du formateur qu’à développer la réflexivité et la capacité d’agir en situation (Dave et al., 2025 ; Dubois & De Stercke, 2024). Cette communication s’appuie sur une formation par simulation visant la mise en place d’un poste de commandement opérationnel (PC-Ops) à la suite d’un accident de camion dans une station d’essence. Dans ce dispositif, les apprenants (pompiers, ambulanciers, policiers) endossent le rôle de responsable de leur discipline. La simulation alterne des phases monodisciplinaires où les apprenants doivent prendre des décisions concernant les missions prioritaires de leur discipline et des phases multidisciplinaires, au sein du PC-Ops, où les apprenants doivent aider à l’exécution des missions des autres disciplines, en fonction des ressources disponibles. Dans ce dispositif, des formateurs « experts métier » issus de chaque discipline sont également impliqués. L’objectif de l’étude est d’analyser l’activité du formateur-pompier selon la phase afin d’en vérifier l’adéquation aux objectifs poursuivis, en particulier dans la phase multidisciplinaire. Les interventions du formateur ont été transcrites et codées selon différentes modalités de guidage (Policard, 2018 ; Dave et al., 2025). Les premiers résultats suggèrent que le formateur ne favorise pas le développement, chez les apprenants, d’une véritable coopération multidisciplinaire. Ses interventions semblent plutôt viser la préservation de l’image de sa discipline et la protection de ses pratiques professionnelles. Ainsi, le formateur contribue à maintenir un fonctionnement « en silos », y compris au sein d’un dispositif précisément conçu pour le dépasser, ce qui limite les opportunités offertes aux apprenants de confronter leurs points de vue, de débattre du travail et de construire collectivement des manières d’agir. | |