
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
|
Récapitulatif du jour |
| Session | |
|
Travaux_en_cours_4: Work-in-Progress Salle: M2150 Président(e) de session : Ayla Bimonte | |
| Présentation 3 | |
Se dé-placer grâce aux controverses : explorations au carrefour entre approches cliniques et anthropologiques Haute École pédagogique du canton de Vaud, Suisse Malgré un abondant corpus de recherches en formation d’adultes soulignant la nécessité de faire place aux apprenants, à leurs expériences et à leurs dispositions (cf. Carré, 2020 ; Delasalle & Martin, 2014), les formations aux métiers de l’enseignement s’organisent le plus souvent selon des dispositifs linéaires, orientés vers des objectifs prédéfinis, mesurables et évaluables, généralement formulés en termes de compétences (Bronckart, 2015 ; Rey, 2015). Ces formations sont ainsi pensées dans une logique de transmission, consistant à transférer des connaissances de personnes, communément considérées comme savantes ou expertes, vers d’autres, que l’on se représente volontiers comme des réservoirs vides. La durée limitée des cursus et les dispositifs d’alternance sur lesquels ils se fondent, impliquant des va-et-vient entre cours en haute école et stages dans les établissements scolaires, peuvent d’ailleurs conduire à privilégier la transmission de prescriptions et de « bonnes pratiques » (Crinon & Muller, 2018 ; Tochon, 2011), au détriment de la construction d’une posture enseignante capable de faire face aux défis actuels de l’école. L’institution scolaire est en effet traversée par des contradictions et des paradoxes (Derouet, 2000). Afin d’agir au quotidien, les enseignant·e·s doivent notamment apprendre à articuler en situation différents principes de justice (Dubet, 2009), souvent en tension entre eux (p.ex. égalité et différence, inclusion et sélection). Les professionnels de l’éducation agissent aussi dans un monde où le statut des savoirs vacille et où la frontière entre « vérité » et fiction est de plus en plus difficile à déceler (Mabilon Bonfils, 2018). Comment former les enseignant·e·s à travailler dans ces champs de tensions ? Comment contribuer à construire, durant la formation initiale, une posture réflexive leur permettant de relever les défis d’un métier exigeant ? Cette communication vise à explorer ces questions sur la base de démarches mises en place dans le cadre d’un module de formation de base destiné aux enseignant·e·s du secondaire (obligatoire et post-obligatoire) et aux enseignant·e·s spécialisé·e·s. Le module, qui porte sur l’école à visée inclusive, vise principalement à construire une posture permettant d’agir dans un monde incertain, posture conçue non pas comme position fixe, mais comme un équilibre dynamique (cf. Manning, 2012, p. 45), une capacité à mettre la pensée en mouvement. Pour ce faire, il renonce en grande partie à la transmission de savoirs et mise sur les controverses comme sources d’apprentissage (cf. Callon, Lascoumes & Barthe, 2001 ; Méadel, 2015). Les étudiant·e·s sont notamment mis·es en enquête autour de différentes controverses portant sur des problématiques rencontrées en stage. La communication se nourrit aussi d’explorations similaires, conduites dans le cadre de la formation de base (p.ex. analyse de pratiques) ou de la formation continue (p.ex. interventions auprès d’équipes interdisciplinaires actives dans le champ de la pédagogie spécialisée). La présentation du dispositif de formation débouche sur la question suivante : quelles sont les conditions de possibilité de la construction d’une posture mouvante et réflexive, dans le contexte d’institutions privilégiant des approches fondées sur l’expertise ou qui tendent à prescrire des « bonnes pratiques » ? | |