
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Travaux_en_cours_2: Work-in-Progress Salle: M2150 Président(e) de session : Vrinda Gupta | |
| Présentation 3 | |
Médiation entre recherche et pratique en contexte interprofessionnel : un travail en cours dans un dispositif visant la transformation des pratiques d’enseignants d’école primaire 1: Université de Lille, France; 2: Laboratoire CIREL-RECIFES, ULR 4354; 3: Université d'Artois, France; 4: Laboratoire GRAMMATICA, EA 4521 Dans un contexte de transformations profondes du monde éducatif, marqué par la diversification des partenariats, l’évolution des pratiques professionnelles et une attention croissante portée au rôle de la recherche, les initiatives visant à articuler savoirs scientifiques et pratiques de terrain se multiplient. L’étude proposée interroge la manière dont un dispositif de formation destiné à des enseignants du premier degré engagés dans un projet d’innovation de la forme scolaire, et mobilisant les travaux sur l’interprofessionnalité, peut contribuer à éclairer et transformer leurs pratiques professionnelles. Dans ce cadre, l’interprofessionnalité peut être envisagée comme un processus d’évolution des pratiques, supposant un déplacement d’une logique de « monopole de l’expertise » vers une coopération fondée sur la traduction réciproque des savoirs (Hatano-Chalvidan, 2016). Le dispositif de formation observé s’est déroulé à l’université et a débuté par une séance animée par un enseignant-chercheur en sociologie spécialisé dans la dimension collective du travail partenarial. Cette séance visait à expliciter les interactions, complémentarités et tensions possibles entre les acteurs (Filiod, 2017, 2018). À la suite de cet apport, des ateliers d’échanges ont permis aux enseignants et aux professionnels impliqués de discuter de leurs pratiques dans le cadre du projet d’innovation de la forme scolaire mis en œuvre dans leur école. L’enjeu central de l’étude est de mettre au jour les processus par lesquels les enseignants s’approprient, transforment ou résistent aux savoirs issus de la recherche, et d’examiner comment le dispositif peut soutenir une démarche réflexive conduisant d’abord à l’objectivation d’une situation professionnelle (Lehner & Seillier-Ravenel, 2021), puis à la secondarisation des pratiques. Nous réinvestissons ce concept, initialement élaboré pour les apprentissages des élèves (Bautier & Goigoux, 2004), pour analyser les dynamiques réflexives enseignantes. Nous cherchons également à identifier les conditions dans lesquelles cette mise à distance pourrait évoluer vers une tertiarisation, entendue comme transformation effective de l’activité (Étienne & Jean, 2007). Méthodologiquement, l’étude porte sur une équipe d’enseignants d’école primaire travaillant avec une médiatrice culturelle, des chorégraphes et des danseurs dans le cadre d’un projet d’éducation artistique et culturelle visant l’acculturation d’élèves d’éducation prioritaire au monde de la danse. Elle mobilise une démarche qualitative compréhensive fondée sur des entretiens semi-directifs inspirés de l’entretien d’explicitation (Vermersch, 1991, 2019), des observations de séances de danse et de classe avant et après la formation, l’analyse d’un compte rendu d’équipe et la tenue d’un journal du chercheur inspiré de Becker (2002). L’analyse thématique inductive en cours (Paillé & Mucchielli, 2021) permet déjà de dégager des tendances provisoires. À ce stade, plusieurs pistes émergent : représentations de la recherche chez les enseignants, dynamiques interprofessionnelles, conditions favorisant ou freinant la secondarisation, premiers indices de transformation de l’activité, ou encore manifestations de réflexivité doxique (Mamede, 2018). Cette étude replace au centre la question de la médiation entre recherche et pratique, envisagée comme un processus de circulation et de transformation des savoirs. Les premiers résultats suggèrent que l’appropriation des savoirs dépend étroitement des conditions de contextualisation, de dialogue et de traduction entre cultures professionnelles (Vinatier & Morrissette, 2015 ; Bednarz, 2015), particulièrement dans les contextes artistiques marqués par des habitus hétérogènes (Kherroubi & Lebon, 2017). | |