
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
|
Récapitulatif du jour |
| Session | |
|
Communications_24: Coopération en situation d'urgence et de crise Salle: MS160 Président(e) de session : Laurie-Anna Dubois | |
| Présentation 1 | |
16:15 - 16:45
Les conditions d’une coopération efficiente entre maitres-chiens, chiens de sauvetage et chercheurs Université de Genève, France 1. Contexte L’intensification des catastrophes naturelles liée au changement climatique renforce le rôle crucial des unités canines de recherche et de sauvetage. Coopérer avec un animal qui ne partage pas le « même monde » (Uexküll, 1956) constitue un défi pour les maitres-chiens. Si les chiens développent des compétences sociales et cognitives adaptées au travail avec l’humain, l’efficacité des interventions dépend tout autant de la qualité du lien, de l’interprétation fine de leurs comportements et des modalités d’entraînement (Diverio et al., 2017; Greatbatch et al., 2015). Cependant, dans cette activité partagée entre le maitre et son chien, il subsiste des nœuds problématiques dans la formation, liés à la nature de cette coopération « par corps », qui repose sur une activité interprétative, opportuniste, adaptative, voire improvisationnelle. Notre étude vise ainsi à documenter l’expérience des maitres-chiens et des chiens, afin d’identifier des difficultés typiques rencontrées par ces acteurs, et de co-construire un dispositif de formation fondé sur cette compréhension inter-espèces. 2. Cadre théorique et méthodologique L’étude s’inscrit dans une perspective combinant phénoménologie, éthologie et sciences de la formation. L’activité humaine et animale est abordée comme incarnée, énactée, située et distribuée (Hutchins, 2008; Maturana & Varela, 1987; Theureau, 2015). Les analyses portent sur ce qui fait sens pour les acteurs grâce à : l’accès à la conscience pré-réflexive des maitres-chiens via des entretiens d’autoconfrontation (Theureau, 2010) ; et à la reconstruction plausible de l’expérience des chiens à partir d’observations comportementales. 3. Résultats L’analyse des situations de formation des chiens et des maîtres-chiens a permis de modéliser leur curriculum. Celui du chien s’organise autour de deux objectifs : apprendre la recherche et la désignation de la victime, et s’habituer à l’incertitude. L’analyse fait apparaître plusieurs problèmes typiques : le caractère dynamique et changeant de l’odeur, qui peut empêcher le chien de la “remonter” et le mettre en échec ; ou encore les difficultés liées au “chemin” de l’odeur, lorsque celle-ci reste dans les cachettes ou impose au chien de franchir des obstacles émotionnellement délicats, nécessitant parfois l’aide du maître-chien. Du côté des maîtres-chiens, les apprentissages visés sont : lire le chien, lire le terrain et l’odeur, s’ajuster au chien et être habitué à l’incertitude. Certains demeurent difficiles à développer chez les novices car ils reposent sur des savoirs implicites et peu verbalisables. 4. Perspectives Plusieurs pistes d’enrichissement de la formation des binômes ont été proposées : la création d’espaces d’actions encouragées pour les chiens (Poizat et al., 2024), la formation à la résilience (Ketelaars et al., 2024), ou encore l’apprentissage de l’identification et la compréhension des variations fines de l’activité canine (Leblanc et al., 2022) via des expériences mimétiques (Stapleton, 2021). Enfin, l’entraînement des compétences interactives de l’équipe (Filliettaz et al., 2014) pourrait être renforcé en introduisant de nouvelles perturbations (Flandin et al., 2018). | |