
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Communications_6: Gestes professionnels et métier Salle: M1160 Président(e) de session : Claire Burdin | |
| Présentation 1 | |
16:30 - 17:00
Intervenir pour le développement des gestes professionnels au moyen d’une conduite de projet de conception d’un dispositif de formation 1: RDG Ergonomie; 2: Université Clermont Auvergne (Laboratoire ACTé) / Ousia Conseil De nombreux travaux soulignent la pertinence de l’ergonomie de l’activité dans la conception de formations professionnelles (Aubert, 2000 ; Beaujouan et al., 2018 ; Ouellet, 2013 ; Teiger & Lacomblez, 2013). Cette communication interroge plus précisément la conception d’un dispositif de formation « à la tâche » comme contribution à la prévention des TMS (troubles musculosquelettiques), à partir d’une intervention ergonomique menée dans une imprimerie industrielle dont la demande ne portait initialement pas sur la formation. L’un des résultats de cette intervention a pourtant conduit à engager la conception d’un dispositif dédié amenant la question suivante : comment la conduite de projet visant la conception d’une formation peut-elle contribuer à prolonger le développement d’un geste professionnel amorcé dans l’intervention ? Dans l’intervention, une tâche est ressortie comme ayant un fort impact du point de vue de l’apparition des TMS : la préparation du papier, qui amène les imprimeurs, en entrée de machine, à aérer, transporter et aligner manuellement et de manière répétée les piles de papier pour prévenir d’éventuels aléas de production. L’intervention s’est appuyée sur la méthode de l’autoconfrontation croisée dans la perspective clinique de l’activité (Bonnemain & Clot, 2017) instrumentée par des données biomécaniques (Savescu et al., 2020) pour co-analyser, avec un collectif d’imprimeurs, l’activité de préparation du papier. Ainsi, la confrontation dialogique entre pairs a permis de provoquer une expérience de re-découverte du geste, de ses dilemmes et de ses arbitrages et d’ouvrir les potentialités de son développement. Si ces analyses du travail ont déjà eu des effets formatifs (Clot et al., 2005 ; Cromer et al., 2022), la restitution a, entre autres, abouti à la nécessité de transmettre cette expérience à l’ensemble des imprimeurs et aux nouveaux arrivants. Cela a ouvert un nouveau chantier pour l’intervention, celui de la conception d’un dispositif de formation visant l’appropriation « vivante » du geste (Simonet & Poussin, 2014). Pour ce faire, une démarche de conduite de projet ergonomique (Daniellou, 2004) a été mise en œuvre permettant d’associer au bon moment et au bon endroit, différents protagonistes (le collectif initial d’imprimeurs, l’encadrement, autres fonctions, etc.) nécessaires à la conception de cette formation de manière itérative et progressive. Les premiers résultats de ce processus montrent, d’une part, le développement de la dimension impersonnelle du geste (la tâche et sa conception) et, d’autre part, du contenu de formation permettant d’appréhender le geste dans ses aspects « vivants ». À partir de ces premiers résultats, cette communication nous permet de défendre l’idée que la conduite de projet de conception constitue un moyen de prolonger le développement du geste professionnel dans l’ensemble de ses dimensions. Elle contribue à l’ouverture de perspectives méthodologiques possibles pour une approche développementale de la formation professionnelle déjà initiée en ergonomie (Delgoulet et al., 2017 ; Vidal-Gomel, 2021). Et ce, plus particulièrement, dans le champ de la prévention des TMS (Simonet & Savescu, 2024) où persiste le risque de réduire les formations à l’enseignement du « bon geste » (Coutarel, 2022 ; Lémonie & Chassaing, 2013). | |