
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Communications_9: Recherche collaborative et translationnelle en formation Salle: MR170 Président(e) de session : Patricia Champy-Remoussenard | |
| Présentation 3 | |
14:30 - 15:00
Articuler recherche et pratiques professionnelles : enjeux organisationnels et épistémologiques d’un dispositif de recherche translationnelle UNIGE FPSE, France Dans un contexte où s’affirme la nécessité de rapprocher production scientifique et pratiques professionnelles, la recherche translationnelle connaît un regain d’intérêt en éducation (Dehaene & Pasquinelli, 2021). Inspirée du champ biomédical, elle vise à réduire l’écart entre avancées théoriques et réalités des terrains, non en appliquant directement des prescriptions, mais en organisant un processus de co-construction situé, sensible aux contraintes institutionnelles et aux savoirs professionnels. Cette perspective interroge les conditions concrètes permettant l’articulation entre recherche et formation, notamment dans des logiques de continuité, de rupture ou de transformation. L’étude s’appuie sur une expérience menée dans l’académie de Lyon entre 2021 et 2024, centrée sur la création d’une cellule Recherche-Terrain (RT). Cette entité intermédiaire avait pour mission d’accompagner des projets de recherche-développement présentant un haut niveau de maturité, afin d’en favoriser l’implémentation à plus grande échelle. L’analyse adoptée relève d’une démarche compréhensive : il s’agit d’une reconstruction réflexive fondée sur l’expérience de coordination, attentive aux dynamiques organisationnelles, aux ajustements méthodologiques et aux tensions institutionnelles traversant le dispositif, dans l’esprit des recherches-interventions (Schön, 1983 ; Perrenoud, 2001). La contribution interroge les conditions organisationnelles, méthodologiques et épistémologiques nécessaires pour articuler recherche et pratiques professionnelles, ainsi que les effets produits par la mise en œuvre d’un dispositif structuré de recherche translationnelle. Trois résultats principaux se dégagent. Premièrement, la démarche translationnelle requiert une forte flexibilité méthodologique. Les ajustements opérés au fil du déploiement (adaptation des calendriers, reformulation d’outils, appui différencié aux enseignants, révision du protocole expérimental) ne constituent pas des contingences mais l’expression même d’une logique itérative et dialogique. Cette dynamique rejoint les approches pragmatistes de l’enquête (Dewey, 2010) ainsi que les processus d’intéressement et d’enrôlement décrits par la sociologie de la traduction (Callon, 1986). Deuxièmement, l’étude montre l’importance d’une interface organisationnelle hybride, distincte des structures académiques usuelles. La cellule RT a joué un rôle de médiation entre temporalités de la recherche et urgences professionnelles, permettant la coordination des acteurs, la stabilisation des espaces de négociation et la sécurisation de l’implémentation, notamment lors du projet pilote porté par un laboratoire universitaire. Troisièmement, les tensions institutionnelles rencontrées (hésitations hiérarchiques, inertie administrative, confusions entre dispositifs) apparaissent non comme des obstacles périphériques mais comme un matériau central de compréhension. Leur gestion active, reposant sur la négociation, la reformulation et la pédagogie institutionnelle, constitue une compétence translationnelle à part entière. Ainsi, cette proposition de communication éclaire les conditions nécessaires à une articulation durable entre recherche et pratiques professionnelles, en montrant que la recherche translationnelle, loin d’un modèle linéaire de transfert, repose sur une économie organisationnelle spécifique, un travail de médiation continue et une épistémologie de l’ajustement. | |