
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Récapitulatif du jour |
| Session | |
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Communications_21: Travail social et accompagnement Salle: M1150 Président(e) de session : Laetitia Krummenacher | |
| Présentation 1 | |
16:15 - 16:45
Asymétries épistémiques et participation des enfants : une lecture transdisciplinaire des approches participatives 1: Centre interfacultaire en droits de l'enfant, Cellule inter- et transdisciplinarité, Université de Genève; 2: Haute Ecole et Ecole Supérieure de Travail Social - HES-SO Valais-Walis; 3: Institut de psychologie, Université de Lausanne Alors que les collaborations entre chercheur·euses, formateur·rices et personnes concernées constituent aujourd’hui un enjeu central pour renouveler les rapports entre recherche et formation, les approches dites « participatives » offrent des modèles de coopération particulièrement intéressants. Elles réinterrogent les frontières entre expertises scientifiques, savoirs d’expérience et pratiques professionnelles et elles invitent à penser de nouvelles formes de conception, d’analyse et d’évaluation partagées. Bien qu’hétérogènes, ces approches partagent une orientation commune vers la co-construction de connaissances ancrées dans des réalités vécues (Zerika et al., 2026). Afin de donner une cohérence d’ensemble à ces pratiques, nous les abordons à travers le prisme de la transdisciplinarité (Jahn et al., 2012 ; Darbellay, 2015, 2024). Par sa capacité à intégrer des savoirs issus de disciplines variées autant que des savoirs expérientiels, et par son orientation vers la résolution de problèmes complexes, la transdisciplinarité favorise des dynamiques de collaboration élargies entre monde académique, société civile et monde professionnel. Elle permet de penser ensemble ces approches participatives, tout en respectant leur diversité. Si ces approches participatives s’ouvrent à une pluralité de savoirs et d’acteur·ices, leur mise en œuvre révèle néanmoins des défis persistants, notamment quant à la place accordée à chacun·e. La question se pose de manière particulièrement aiguë lorsqu’il s’agit de la participation des enfants, dont la présence comme sujets de savoir reste encore peu explorée et souvent marginalisée. Alors même que les childhood studies (voir par ex. James et al., 1998) et les children’s rights studies (voir par ex. Lansdown, 2005 ; Moody & Darbellay, 2018) montrent la légitimité des enfants à participer activement à la vie sociale, culturelle et politique, leur implication dans la production scientifique demeure anecdotique, souvent cantonnée à un rôle d’informateurs. Ce manque de reconnaissance des compétences et savoirs des enfants induit une asymétrie épistémique entre les groupes en mesure de produire des connaissances et ceux qui en sont structurellement empêchés (Michel, 2022 ; Piterbraut-Merx, 2024 ; Benoit, 2023). Ce paradoxe soulève des enjeux épistémologiques profonds : qui est reconnu comme sujet de savoir ? Quels savoirs sont jugés recevables ? Et pourquoi certaines catégories sociales peinent-elles à exister comme co-producteurs et co-productrices de connaissance ? Dans un contexte où les collaborations entre recherche, formation et acteur·rices concerné·es se multiplient, ce paradoxe interroge les conditions et les limites des partenariats participatifs, ainsi que la manière dont ils reconfigurent la production de savoirs. Cette contribution propose d’examiner ces questions à la lumière de l’approche transdisciplinaire et d’un dialogue critique entre les approches participatives en recherche et les cadres théoriques issus des études de l’enfance et des droits de l’enfant. Il s’agira de montrer que l’inclusion des enfants dans les dispositifs participatifs n’est pas seulement une question de méthode, mais bien une question épistémologique et politique. Cette réflexion croise les approches participatives, analyse leurs fondements épistémologiques et questionne pourquoi les enfants sont peu présents comme sujets actifs, propose des cadres alternatifs, inspirés des études genre, de l’intersectionnalité, des études décoloniales ou des disability studies, et esquisse des pistes méthodologiques pour dépasser ces limites. | |