
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Communications_16: VAE et trajectoires Salle: M1160 Président(e) de session : Julie Deville | |
| Présentation 4 | |
15:30 - 16:00
La validation des acquis buissonniers à l’épreuve du processus identitaire et vocationnel des étudiant(e)s de la filière Paysage dans l’enseignement supérieur agricole privé. CIREL, France Dans un contexte de profondes mutations éco-socio-économiques, les jeunes privilégient la recherche de sens au travail (Le Monde, 2023). Dans cette recherche d’épanouissement, nous faisons l’hypothèse que la validation des acquis buissonniers (VAB) (Baujard, 2020) peut faire valoir auprès des institutions formelles les compétences cachées des étudiants afin d’orienter ou réorienter leur parcours de formation pour faire sens. Notre travail de recherche interroge la place des expériences buissonnières, vécues « hors les murs », en parallèle de la formation, dans la construction identitaire et vocationnelle des étudiants de l’enseignement supérieur agricole de la filière « Paysage ». En tant que praticienne-chercheuse, nous nous appuyons sur une méthodologie qualitative d’entretiens biographiques de type « histoire de vie en formation » (Delory-Momberger, 2018) auprès d’une vingtaine d’étudiants dans le but de leur offrir un temps d’appropriation de leurs parcours qui fasse sens. Premièrement, les acquis buissonniers (AB) des étudiants en formation se développent au travers d’« activités électives » (Barrère, 2011) ou d’engagements citoyens, dans lesquelles l’individu explore, essaie ou change selon ses désirs. Ces décisions, souvent motivées par une quête d’appartenance sociale et de loisirs, constituent des choix fondateurs d’émancipation (Broussal, 2020). L’objectif est d’explorer les activités vécues de manière buissonnière et d’interroger leur apport expérientiel dans la construction du projet personnel et professionnel de l’adulte émergent (Arnett, 2000), c’est-à-dire, leur contribution au développement de compétences validables dans un cadre académique ou professionnalisant (Wittorsky, 2017). Deuxièmement, dans une approche phénoménologique, l’accompagnement au projet personnel et professionnel, offre, à l’étudiant, un temps pour mettre à distance ses actions, émotions et dans la relation à l’accompagnateur, être amené, par une introspection réflexive consciente (Schön, 1983) et une reconnaissance intersubjective (Honneth, 2007) à donner du sens à un récit identitaire cohérent et participant à un travail sur soi. Car se former engage tout l’être. L’expérience est épreuve et l’existence est formation (Fabre, 2019) pour « devenir ce que l’on est » ; cultiver ses talents, s’autonomiser, se responsabiliser donc s’émanciper. C’est inconsciemment, dans cet esprit, de la Bilbung (Didier, 2025) comme fondement éthique de toute éducation, que nous accompagnons les étudiants à déployer toutes leurs potentialités. Troisièmement, nous interrogeons le processus de construction de l’identité professionnelle et vocationnelle des adultes émergents. Ceux-ci opèrent des ajustements en oscillant entre explorations et engagements, posent leur choix et s’y identifient, passant par différents statuts identitaires (Lannegrand-Willems, 2012) afin de se construire une identité réalisée vecteur de bien-être, de confiance en soi et de reconnaissance possible. Les formes identitaires subjectives (Cohen-Scali et al., 2019) peuvent intégrer ces compétences cachées, ignorées des certifications. Ces boucles d’apprentissages expérientielles (Jarvis, 2012), s’accompagnent de disruptions, d’épreuves et de bifurcations pour favoriser l’émergence d’un projet vocationnel stabilisé. En conclusion, la validation des acquis buissonniers pourrait favoriser une formation et une pédagogie plus juste et émancipatrice. Elle interroge à la fois la construction identitaire et l’agentivité de l’étudiant (Hugo, 2008), le rôle de l’accompagnateur, le sens du projet de formation, et les formes de certification, vers une écologie plus juste des savoirs comme écosystème propre de chaque individu. | |