
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
Vue d’ensemble et détails des sessions pour cette conférence. Veuillez sélectionner une date ou un lieu afin d’afficher uniquement les sessions correspondant à cette date ou à ce lieu. Cliquez sur une des sessions pour obtenir des détails sur celle-ci (avec résumés et téléchargement si disponibles).
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Récapitulatif du jour |
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Communications_8: Développement professionnel des enseignant·es Salle: M2140 Président(e) de session : Yann Volpé | |
| Présentation 2 | |
14:00 - 14:30
Un dispositif innovant de formation continue collective en établissement au travers d’une alliance entre terrains professionnels et université 1: Université de Genève, Suisse; 2: Enseignante primaire, Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse; 3: Coordinateur pédagogique, Département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse Les alliances entre recherche et terrain scolaire – research-practice partnerships (Coburn et al., 2013 ; McMahon et al., 2022 ; Tseng et al., 2017) – constituent un levier majeur pour soutenir le développement du pouvoir d’agir des enseignantes et enseignants. À Genève, ce principe a pris la forme d’un dispositif innovant d’enquête collaborative (Dewey, 1993 ; Lussi Borer & Muller, 2016), articulant université, formateur-ices en établissement, directions et équipes enseignantes autour d’une préoccupation commune : l’exercice de l’autorité pédagogique. Concrètement, quelques enseignant-es, coordinateur-ices pédagogiques et chercheur conçoivent et mettent en œuvre ensemble ce dispositif. Ce dispositif, déployé dans deux établissements primaires durant l’année 2024-2025 et poursuivi en 2025-2026, s’appuie sur un principe central : partir des difficultés vécues individuellement pour les transformer en une question d’enquête collective investiguée ensuite à partir de situations filmées dans une logique de confrontation collective (Mollo & Falzon, 2004). Les enseignant-es participant à la formation transmettent d’abord un court audio décrivant une situation inconfortable en lien avec l’autorité. Ces matériaux sont analysés par les coordinateur-ices pédagogiques, qui identifient les familles de préoccupations servant de base à la constitution de sous-groupes d’enquête. Chaque sous-groupe (6 à 10 personnes), accompagné par un membre de l’équipe de formation, engage alors un travail sur une difficulté commune. Lors de la première demi-journée, un objet d’enquête partagé est formulé. Entre les séances, un-e enseignant-e se filme en classe et sélectionne un extrait d’une à deux minutes illustrant la problématique. L’extrait constitue le cœur du travail : ils sont analysés collectivement selon trois niveaux de rapport à l’activité - décrire, interpréter, évaluer (Lussi Borer & Muller, 2014). Chaque sous-groupe investigue les gestes professionnels, les réactions des élèves, les dilemmes rencontrés, tandis que l’auteur de la vidéo reste en retrait. Les formateur-ices relancent, problématisent et mettent en tension les interprétations, tout en mobilisant progressivement des ressources issues du Video Learning Lab (VLL), plateforme de vidéoformation conçue comme interface entre la recherche, le terrain professionnel et les ressources socio-culturelles de la profession (Lussi Borer et al., 2025 ; Volpé et al., 2025). L’enquête des différents sous-groupes se déploie en boucles itératives : analyse collective, reformulation de l’objet, repérage de nouvelles pistes d’action, mobilisation de vidéos, retour en classe, puis nouvelle analyse. Lors de la dernière demi-journée, un temps final de mutualisation permet à chaque sous-groupe de partager ses nouvelles manières de faire et de penser sous forme de posters. Ce dispositif produit plusieurs effets. Pour les enseignants, il offre un cadre sécurisé pour investiguer leur activité réelle et construire des réponses contextualisées aux difficultés d’autorité, tout en développant un pouvoir d’agir sur celles-ci. Pour les formateur-ices, il constitue un espace d’ajustement fin entre apports théoriques et préoccupations du terrain, en évitant les écueils d’une formation transmissive. Pour le chercheur, il fournit un terrain privilégié pour documenter l’activité des formateurs et les dilemmes de l’accompagnement. | |