
Colloque RIFT 2026 - 25 ans
Développer les rapports entre recherche et formation : enjeux, acteurs et méthodes
7 au 9 septembre 2026 | Genève
Programme de la conférence
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Récapitulatif du jour |
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Communications_22: Usager·es en formation Salle: M1193 Président(e) de session : Félicia Bielser | |
| Présentation 1 | |
16:15 - 16:45
Formation et Living Lab : valoriser l’expertise des usagers Université de Lille, France La reconnaissance des savoirs expérientiels, souvent marginalisés au profit des savoirs institutionnels et académiques, constitue un levier essentiel des dynamiques inclusives. Pour saisir ce savoir issu de l’expérience, il convient de s’appuyer sur des situations d’ordre personnel en interrogeant le pouvoir d’agir des individus et leur autonomie. L’axe des savoirs expérientiels nous invite à explorer d’autres formes de connaissances, d’autres voies de savoir, issues de situations se traduisant par le fait d’être « autrement capable » (Plaisance, 2009) Ces savoirs demeurent peu reconnus en raison des normes et des processus de légitimation dominants dans notre société (Gardien, 2017). Certaines voix demeurent silencées. Les personnes en situation de handicap, en particulier celles présentant une déficience intellectuelle, font partie de ces publics dits « vulnérables » dont les savoirs expérientiels sont rarement reconnus comme légitimes. Cette proposition interroge la manière dont la méthode du Living Lab peut contribuer à la reconnaissance de ces savoirs situés. En considérant les personnes concernées non plus comme des sujets observés mais comme acteurs, producteurs et porteurs de connaissances. Le Living Lab, à la fois environnement et approche de recherche (Voilmy, 2016), repose sur la participation active des usagers dans toutes les phases d’un projet, depuis la co-conception jusqu’à l’expérimentation en contexte réel. Il s’inscrit dans une méthodologie participative et compréhensive où chercheurs, praticiens et usagers co-construisent des savoirs au croisement de l’expérience et de la théorie, en s’engageant dans une mise en perspective des conditions et des environnements constitutifs de l’expérience des individus impliqués. (Dequiré & Fussel, 2018). Ce processus de légitimation des savoirs trouve écho dans les travaux de Miranda Fricker portant sur les injustices épistémiques, qui désignent le fait que l'on dénie à certains acteurs sociaux, ou groupes sociaux, la capacité à être considérés comme des porteurs ou producteurs de savoirs. Fricker distingue deux paradigmes : l’injustice testimonial, qui se manifeste lorsque le témoignage d’un individu est discrédité en raison de son appartenance sociale, rendant son expérience inintelligible ou illégitime, et l’injustice herméneutique, qui survient lorsque les ressources linguistiques, conceptuelles ou interprétatives nécessaires à la mise en sens d’une expérience sont présumées manquer ou jugées insuffisantes, conduisant à l’invisibilisation de certaines réalités vécues et, par conséquent, à leur exclusion du champ de la connaissance partagée (Fricker, 2007). La démarche du Living Lab favorise une épistémologie inclusive qui donne place au pouvoir d’agir à ceux dont la voix est souvent marginalisée. La reconnaissance de ces savoirs situés devient alors un moyen d’accroître la réflexivité collective et de s’ancrer dans d’autres modes de production des connaissances. Cette communication analysera, à partir de retours d’expérience issus d’un projet de co-formation ferroviaire en contexte Living Lab, comment la participation de personnes en situation de handicap intellectuel permet de revaloriser leurs savoirs expérientiels (Gardien, 2017) dans un cadre de formation mixte associant agents de terrain et usagers. Elle montrera comment ces savoirs, longtemps disqualifiés par les hiérarchies du savoir académique, deviennent des vecteurs d’inclusion et de réflexivité. | |